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La Corée du Nord lance un deuxième missile en moins d’une semaine

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La Corée du Nord a lancé mardi un deuxième «missile balistique présumé» vers la mer en moins d’une semaine, une opération condamnée par Washington, qui y a vu une «menace pour la communauté internationale».

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Le projectile a été tiré au moment d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations unies qui a été tenue pour discuter de l’essai, la semaine dernière, de ce que Pyongyang a présenté comme un missile hypersonique. Séoul semble cependant en douter.

L’armée sud-coréenne a indiqué que «le missile balistique présumé» lancé mardi a atteint des vitesses hypersoniques, ce qui témoigne d’un «progrès» par rapport à l’essai de la semaine dernière.

Depuis l’accession au pouvoir de Kim Jong-un il y a dix ans, Pyongyang a réalisé de rapides progrès en matière de technologie militaire, au prix de sanctions internationales.

L’engin a atterri à l’extérieur de la zone économique exclusive du Japon.

Bien qu’aucun dommage n’ait été signalé dans l’immédiat, le premier ministre japonais, Fumio Kishida, a qualifié ce tir «d’extrêmement regrettable».

Les États-Unis ont condamné le lancement du missile. Un porte-parole du département d’État l’a qualifié de «menace pour les voisins de la Corée du Nord et pour la communauté internationale».

Les forces américaines en Corée (USFK) ont pour leur part estimé que cet essai était la preuve «des conséquences déstabilisantes du programme d’armement illicite de la RPDC» (République populaire démocratique de Corée) en utilisant le nom officiel de la Corée du Nord.

Le projectile a été lancé de la terre ferme en direction de la mer située à l’est de la péninsule coréenne à 7 h 27 (22 h 27 GMT, lundi), parcourant environ 700 km à une altitude d’environ 60 km et à une vitesse de Mach 10, ont précisé les chefs d’état-major interarmées de Corée du Sud.

Les missiles hypersoniques atteignent généralement Mach 5, soit cinq fois la vitesse du son.

La réunion à huis clos du Conseil de sécurité pour discuter des programmes d’armement de Pyongyang est intervenue après que six pays, dont les États-Unis et le Japon, ont appelé la Corée du Nord à «engager un dialogue constructif vers notre objectif commun de dénucléarisation complète».

«Impact politique»

Pyongyang pourrait avoir fait coïncider à dessein son tir avec la réunion onusienne «pour maximiser son impact politique», a estimé Shin Beom-chul, chercheur à l’Institut coréen de recherche sur la stratégie nationale.

Selon lui, ce lancement ressemblerait à celui d’un essai de missile hypersonique, à en juger par la vitesse qui a été annoncée, mais il a mis en garde contre toute interprétation excessive.

«Étant donné que la Corée du Sud a affirmé que [l’essai du 5 janvier] n’était pas un missile hypersonique en raison de sa vitesse, Pyongyang a peut-être essayé de démontrer [sa capacité à atteindre] une vitesse maximale», a-t-il déclaré.

Posséder des missiles hypersoniques fait partie des objectifs jugés «prioritaires» en matière d’armement pour Pyongyang. En septembre, la Corée du Nord a déclaré avoir testé le missile hypersonique Hwasong-8.

En 2021, la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, a assuré avoir testé avec succès un nouveau type de missile mer-sol balistique (SLBM) ainsi qu’un missile de croisière de longue portée et une arme lancée à partir d'un train.

L’essai de mardi intervient alors que Pyongyang a refusé de répondre aux appels américains à entamer des pourparlers.

Le dialogue entre Pyongyang et Washington reste dans l’impasse après l’échec, en 2019, des pourparlers entre Kim Jong-un et le président américain de l’époque, Donald Trump.

Le gouvernement de l’actuel président Joe Biden a affiché à plusieurs reprises sa volonté de rencontrer des émissaires nord-coréens et de viser la dénucléarisation, mais Pyongyang a rejeté l’offre, accusant les États-Unis de mener une politique «hostile».

La Corée du Nord fait l’objet de sanctions internationales pour ses programmes d’armement interdits. La pression sur son économie en grande difficulté a été renforcée par la stricte fermeture des frontières ordonnée pour lutter contre la pandémie de coronavirus.