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On craint le pire chez les maisons pour femmes

La pandémie frappe ces milieux de vie fortement

Louise Riendeau
Photo Chantal Poirier Louise Riendeau du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC)

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Les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale craignent la rupture de service à cause d’une demande grandissante et de la propagation du variant Omicron chez les travailleuses.

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« Notre défi principal, c’est de maintenir nos services dans l’état actuel de la 5e vague. [...] On commence à avoir de sérieux problèmes à pouvoir simplement avoir des travailleuses disponibles. Si la situation continue, on va être en rupture de service. C’est une question de vie ou de mort », craint Mme Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF).

Après une année où les féminicides ont atteint un sommet jamais vu depuis 2008, avec 26 femmes assassinées, l’augmentation très marquée de la demande, notamment pour de l’hébergement, fait craindre le pire à Claudine Thibaudeau de SOS violence conjugale.

« L’an dernier, du 1er avril 2020 au 31 mars 2021 c’était déjà une année plus que record avec 41 000 demandes. [...] Ça représente environ 112 demandes par jour. Mais là, entre le 1er janvier et le 6 janvier 2022, on a une moyenne de 184 demandes par jour », alarme-t-elle.

Omicron

Comme partout, le variant Omicron se propage et de plus en plus de travailleuses de maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale tombent malades ou sont en attente de test de dépistage.

« Ce qui est difficile pour nous, c’est qu’on a déjà de la misère à trouver de l’hébergement en temps normal. Habituellement on ne trouve pas d’hébergement pour 30 %-35 % des demandes que l’on reçoit, mais en ce moment c’est 50 % et c’est vraiment dramatique », soutient Mme Thibaudeau, qui rappelle que les demandes d’hébergement sont bien souvent la dernière porte de sortie pour certaines victimes de violence.

Selon Manon Monastesse, la situation devient de plus en plus préoccupante. Certaines maisons auraient perdu jusqu’à 70 % de leurs travailleuses, affirme-t-elle.

Du côté du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC), le son de cloche est le même.

« On a beaucoup de maisons qui ne sont pas encore en rupture de service, mais la situation est très fragile. Avec plus de travailleuses absentes, ça pourrait être difficile » redoute la coresponsable des dossiers politiques de l’organisation, Louise Riendeau.

Pas de tests

Ce qui complique aussi considérablement les choses, c’est que les maisons d’hébergement n’ont pas toutes accès aux tests de dépistage PCR ou aux tests rapides, bien qu’elles fassent partie des services essentiels, déplorent Mmes Monastesse et Riendeau.

« Depuis le début de la pandémie, la réponse des CISSS, des CIUSSS et de la Santé publique est à géométrie variable d’une région à l’autre. J’ai des régions où des efforts sont faits pour fournir des tests, mais d’autres où c’est carrément le silence radio », soutient la directrice de la FMHF.

Juste avant les Fêtes, le RMFVVC avait demandé au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de s’assurer que les travailleuses de toutes les maisons d’hébergement pouvaient avoir accès aux dépistages PCR et rapides ou même à des masques N95. Le MSSS aurait répondu que les maisons devaient s’adresser directement à leur CIUSSS et CISSS, qui ne répondent pas tous aux demandes.

« Des maisons d’hébergement, c’est un peu comme des maisons familiales alors c’est difficile s’il y a des gens infectés d’être complètement isolés. C’est pour ça qu’on a besoin de mesures de protection efficaces », implore Mme Riendeau.


Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr

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