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Outaouais: un complice du violeur au GHB risque 36 mois de taule

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Un complice de Michel Giroux, l’agresseur au GHB de Gatineau, encourt une peine de 36 mois de détention pour avoir participé à l’agression d’une femme intoxiquée par cette drogue. 

Simon Lavoie, 29 ans, a été reconnu coupable, au mois d’octobre dernier, d’une agression sexuelle sur une femme intoxiquée à ce qui est communément appelé «la drogue du viol» en compagnie de Michel Giroux, condamné, en 2020, à une peine de pénitencier pour plusieurs crimes semblables commis avec des acolytes.

Giroux était le chef d’orchestre de cette sordide entreprise. Il rencontrait des femmes sur les réseaux sociaux, leur donnait rendez-vous chez lui ou chez un ami et les agressait avec un comparse alors qu’elles étaient sous l’influence du GHB.

Les faits

Dans la nuit du 9 juin 2018, Lavoie et Giroux reçoivent la victime au domicile de Giroux. La femme de 24 ans, dont l’identité est protégée par une ordonnance du tribunal, est étonnée de voir Giroux en compagnie d’un autre individu, mais elle décide tout de même de rentrer, selon ce qui est rapporté dans le jugement de culpabilité de Lavoie.

À l’intérieur, il y a consommation d’alcool et la victime s’est sentie «buzzée». En tout, elle se remémora six séquences d’agression sexuelle impliquant les deux hommes, seuls ou les deux à la fois.

Vers 3h du matin, lorsque la chose est terminée, Giroux donne de l’argent à la victime pour qu’elle rentre chez elle en taxi. Elle attentera à ses jours le matin même et sera hospitalisée.

Information accablante pour Lavoie, le document écrit du jugement décrétant sa culpabilité précise que lui et Giroux étaient «les administrateurs désignés d’un rassemblement appelé "Les graisseurs de pattes" [où les messages] ne [portaient] que sur le sexe [et] les exploits en la matière». Dans des échanges de textos avec Lavoie, Giroux se décrivait lui-même comme un «prédateur» et «[invitait] l’accusé à être son partenaire dans certaines aventures».

Les plaidoiries

Lors des représentations sur sentence, lundi, au palais de justice de Gatineau, la procureure de la Couronne, Me Christine Lambert, a souligné qu’«à aucun endroit dans le rapport présentenciel, [il n'y a] présence d’une quelconque considération pour [la victime], pour ce qu’elle a vécu, pour la souffrance qu’elle a [eue]». «Je ne vois aucune introspection, aucune considération [de la part de M. Lavoie]», a-t-elle ajouté.

La procureure Lambert réclame une sentence se situant entre 30 et 36 mois de détention.

«Comment peut-on demander que monsieur [Lavoie] démontre de l’empathie ou du remords alors qu’il nie les faits? [...] Il est en appel, il y a une requête d’appel», a affirmé pour sa part l’avocat de la défense, Me Marino Mendo. Celui-ci réclame une sentence de 180 heures de travaux communautaires et un don de 5000$ aux Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC). Lavoie doit revenir en cour au mois d’avril pour fixer la date de la décision sur sentence.