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UFC: Charles Jourdain a gagné son pari

Charles Jourdain
Photo Agence QMI, Joël Lemay Charles Jourdain

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Charles Jourdain a accepté un nouveau contrat de quatre combats avec l’Ultimate Fighting Championship (UFC), lundi. S’il est heureux de poursuivre l’aventure, il est toutefois fort conscient que ce pacte ne lui offre aucune garantie. 

Jourdain n’est pas dupe: il sait très bien que Dana White et ses acolytes peuvent mettre un terme à son contrat à tout moment, sans explication ni dédommagement. Il choisit donc de miser sur lui-même, et c’est grâce à cette approche qu’il a obtenu cette lucrative entente.      

«Avec l’UFC, ta place n’est jamais promise. Ils peuvent mettre un terme n’importe quand à ton contrat. Donc je préférais jouer mes cartes comme j’avais envie de le faire. Prendre un risque», a lancé Jourdain en entrevue.

Le risque dont il parle, c’était d’affronter Andre Ewell et de disputer le dernier combat prévu à sa précédente entente. Jourdain (12-4-1) a triomphé par décision unanime, le 18 décembre à Las Vegas, et il mettra conséquemment la main sur des bourses beaucoup plus intéressantes à l’avenir.

«C’est après trois combats que [l'UFC] veut renégocier, a expliqué l’athlète de 26 ans. Tu prends la décision de dire oui ou non. Souvent, si tu dis non, ils vont te mettre contre quelqu’un qui a le style pour te battre. Se battre dans ce quatrième combat, c’est toujours extrêmement dangereux.»

«Ça n’a pas été des négociations difficiles. Ils ont augmenté énormément la bourse. Je suis très content. Je ne me bats pas pour l’argent, mais ce sera important quand j’aurai une famille.»

Une équipe soudée

Pour la suite des choses, Jourdain se prépare avec son équipe, composée de Fabio Holanda, de Cyril Robert, de Jarek Kulesza et de David Zimmerman. Ce dernier l’aide à peaufiner ses techniques au sol et, selon le Québécois, ce travail porte ses fruits.

Mais, selon lui, quelques moments marquants lui ont forgé une réputation qui ne représente peut-être pas la réalité.

«Ce n’est pas nécessairement une priorité, mais on met beaucoup d’énergie là-dessus. Les gens disent que c’est ma lacune, mais quand j’ai perdu par décision partagée à cause des amenés au sol [takedowns] contre [Andre] Fili, je n’étais pas le même individu que je suis aujourd’hui. Je ne me torture pas avec ça.»

Et si, pour l’instant, aucune date ni aucun adversaire n’ont été confirmés, Jourdain est très heureux de sa préparation.

«J’ai une équipe qui a pris beaucoup de temps à instaurer. On fait plusieurs disciplines, on a plusieurs entraîneurs, on est tout le temps sur la route. Et là, mon équipe semble de plus en plus soudée. C’est le meilleur camp d’entraînement que j’ai eu.»

Pas besoin de Jake Paul  

Charles Jourdain touchera des bourses beaucoup plus intéressantes en vertu de son nouveau contrat, mais il tient à rappeler une chose: il ne se bat pas pour l’argent, mais pour la gloire.

Il n’a d’ailleurs pas hésité à rabrouer Jake Paul, qui avait publiquement demandé de meilleures conditions de travail pour les combattants de l’Ultimate Fighting Championship (UFC) dans une fronde dirigée contre le président, Dana White.

Ce défi, lancé sur les médias sociaux, venait en prime avec une proposition de se retirer de la boxe et d’affronter Jorge Masvidal. Pour Jourdain, il s’agit d’une façon de plus de faire de l’argent.

«Jake Paul semble dire: "Les combattants sont sous-payés, l’argent, l’argent, l’argent...". Mais lui, il a commencé ça tôt, l’argent. On n’a pas tous cette motivation-là. Je ne m’identifie pas à ça», a décortiqué Jourdain.

«Je ne suis pas là pour devenir plus riche que les autres. Je suis là pour devenir numéro 1 au monde, et ça n’a pas de prix. Pour moi, l’argent, c’est [pour] un toit et de la bouffe.»

Pas de combat contre Cub Swanson en vue  

Charles Jourdain voit Cub Swanson dans sa soupe, mais il semble de moins en moins probable que les deux hommes s'affronteront.

Malgré plusieurs invitations et des échanges sur les médias sociaux, Jourdain a une meilleure idée des plans du vétéran combattant: il n’y figure pas, du moins pour l’instant.

«Nos gérants sont entrés en contact, a révélé Jourdain. Mais il semble vouloir faire son dernier combat contre Urijah Faber. Il veut que Faber, qui était une vedette dans le temps, revienne. Les deux viennent de la Californie, alors ils veulent faire une confrontation californienne. Je respecte ça.»

Jourdain a indiqué qu’il comprenait la décision de Swanson, reconnaissant qu’un éventuel duel entre eux serait beaucoup plus avantageux pour lui que pour l’Américain. Il ne ferme toutefois pas la porte complètement.

«Ce n’est pas une situation gagnante pour lui et ce l’est pour moi. Alors je comprendrais qu’il prenne une autre route. Mais on va voir, tout est encore sur la table.»