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Un gros merci aux infirmières: des médecins leur rendent hommage

Des médecins de l’hôpital Sainte-Justine saluent leur travail

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Œuvrant souvent dans l’ombre, les infirmières jouent un rôle crucial, aussi bien auprès des patients que des médecins. C’est d’ailleurs pourquoi des spécialistes du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, habitués à recevoir des éloges, saluent le travail de celles sans qui aucun exploit médical ne serait possible. Que ce soit par leur expérience, leur empathie ou leur don d’ubiquité, ces infirmières tiennent à bout de bras leurs départements.

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Elle a recruté le médecin qui opère à ses côtés  

L’infirmière Lise Guilbault et le Dr Alexander Weil.
Photo Hugo Duchaine
L’infirmière Lise Guilbault et le Dr Alexander Weil.

L’infirmière Lise Guilbault peut non seulement se targuer d’avoir 35 ans d’expérience en neurochirurgie, mais aussi d’avoir presque choisi celui qui opère à ses côtés.

« Elle a participé à mon recrutement », reconnaît en souriant le neuro-chirurgien Alexander Weil. Après un stage fructueux à Sainte-Justine, ce dernier a quitté le Québec pour Miami afin de se spécialiser pendant un an et demi.

« Elle est venue me voir et on a passé du temps ensemble. Elle a même assisté à une chirurgie au laser. Elle a été l’une des premières Québécoises à voir ça », lance le médecin. 

Il s’agit d’une nouvelle technologie de pointe, apprise là-bas, qu’il a ensuite apportée au Québec. Pendant sa visite, Mme Guilbault voulait notamment voir ce dont aurait besoin le jeune neurochirurgien pour assurer un retour en douceur chez nous. 

Et celui-ci ne tarit pas d’éloges pour sa collègue. 

« Elle amène une chaleur dans la salle d’opération, un aspect familial, dit-il. Elle va aussi régulièrement retourner voir les patients [après l’opération]. Elle a un souci de son travail et elle va au-delà de ce qui lui est demandé. »

Et c’est sans compter les collations, comme les biscuits ou les jus qu’elle a toujours avec elle pour gâter l’équipe après huit heures en salle d’opération, ajoute-t-il en riant.

« Je pense toujours : et si c’était mon enfant qui est là », dit Mme Guilbault. C’est pourquoi elle aime autant se donner pour rassurer la famille et créer un climat calme et serein pour les médecins qui mènent de délicates chirurgies. 

La « quart-arrière » de luxe dont profite le département  

L’infirmière Stéphanie Santos et le Dr Daniel Borsuk
Photo Hugo Duchaine
L’infirmière Stéphanie Santos et le Dr Daniel Borsuk

« Elle est la quart-arrière de l’équipe. Sans Stéphanie, nous serions incapables de faire notre job », lance le Dr Daniel Borsuk, chef de chirurgie plastique.

Stéphanie Santos est l’infirmière coordonnatrice de l’unité de chirurgie cranio-faciale à Sainte-Justine.

« Sans moi, l’équipe fonctionne toujours, mais sans Stéphanie, tout arrête », poursuit-il.

N’importe où au Québec, dès qu’une malformation du visage ou une maladie est décelée chez un enfant, souvent avant même sa naissance, l’unité cranio-faciale s’en occupe.

C’est-à-dire Stéphanie, explique Daniel Borsuk.

« Elle va demander les échographies. Elle va appeler le psychologue ou le travailleur social pour soutenir la famille. Elle arrange tout ça », énumère-t-il.

« Quand le patient vient ici, elle s’organise pour qu’il voie dans la même journée huit spécialistes [comme un ophtalmologiste, un ORL ou un neurologue], et passe tous les examens nécessaires. Et elle fait les suivis, ramasse tous les rapports », poursuit-il.

« Elle appelle les parents, leur explique les traitements. Tout ça, pendant 18 ans ! Quand les familles quittent nos soins, quittent Stéphanie, ils pleurent », rapporte le Dr Borsuk. « Moi aussi », renchérit Mme Santos.

Elle connaît les 4000 patients de l’unité et se souvient des détails pour chacun. « Et c’est elle qui enseigne aux résidents quoi regarder », souligne le chirurgien. 

« Pour que les infirmières puissent s’épanouir dans leur rôle, il faut que les médecins leur laissent cette place-là et qu’ils reconnaissent leur expertise », salue à son tour l’infirmière. 

Déterminée dès l’enfance à aider les enfants malades  

L’infirmière Émilie Allard Villeneuve (en avant-plan) et la Dre Sophie Mottard
Photo Hugo Duchaine
L’infirmière Émilie Allard Villeneuve (en avant-plan) et la Dre Sophie Mottard

Infirmière pivot en oncologie, Émilie Allard Villeneuve a toujours su qu’elle travaillerait auprès d’enfants atteints du cancer.

« Petite, j’écoutais le Téléthon Opération Enfant Soleil et je voulais travailler avec les enfants qui n’avaient pas de cheveux, se rappelle-t-elle avec le sourire. Je tannais ma mère pour qu’elle appelle, car il fallait qu’elle donne et donne pour les enfants pas de cheveux. »

« J’ai toujours su que je voulais faire ça », poursuit l’infirmière de 37 ans.

Une vocation qui lui va à merveille, selon la chirurgienne orthopédique et oncologue Sophie Mottard.

La médecin opère les cas de sarcomes, cancers des tissus mous ou osseux, à Sainte-Justine. Mais dans la grande majorité des cas, ces cancers nécessitent aussi des traitements de chimiothérapie, qui sont coordonnés par Émilie Allard Villeneuve. Elle devient le point d’attache des familles à Sainte-Justine.

« Sans Émilie, l’oncologie des sarcomes n’existerait pas », lance la Dre Mottard.

L’infirmière a un talent inné pour entrer en contact avec les jeunes patients et les familles, qui traversent alors le moment le plus difficile de leur vie. Que ce soit pour les rassurer avant une opération ou leur expliquer les étapes d’un traitement, par exemple.

« Elle rentre dans une salle, et en 30 secondes, elle sait quoi faire [...] Elle est authentique et les gens le ressentent », poursuit la chirurgienne.

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