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Cette saison sera la dernière de «District 31»

District 31
Photo d'archives Michel Charette et Vincent-Guillaume Otis dans District 31.

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Plus de 1,7 million de Québécois seront bientôt en deuil des intrigues de «District 31», la quotidienne d’ICI Télé, écrite par Luc Dionne, qui prendra fin pour de bon le 21 avril prochain.

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L’auteur aura alors 720 épisodes au compteur, mais c’est parce qu’il a l’impression «d’être allé au bout» de ses personnages – «qui vont tous finir par aller en prison» avec ce qu’ils ont fait, a-t-il dit – qu’il préfère arrêter l’émission en pleine gloire.

Luc Dionne souffre aussi d’être constamment assis en train d’écrire des intrigues policières pour ses comédiens chouchous Michel Charette, Vincent-Guillaume Otis et Gildor Roy.

L’équipe a appris la nouvelle et a ovationné Luc Dionne sur le plateau, mardi, alors que les tournages ont repris.

La finale de l’aventure «District 31» a été annoncée à Radio-Canada en octobre dernier et Luc Dionne n’a pas caché son sentiment d’avoir pris la bonne décision, surtout après la disparition soudaine du réalisateur et scénariste Jean-Marc Vallée, le 25 décembre dernier, à l’âge de 58 ans.

«Ce n’est pas des décisions qu’on prend à la légère, il y a eu beaucoup de réflexions, de consultations», a dit Luc Dionne en point de presse virtuel, promettant «plein de surprises» dans les semaines à venir.

Luc Dionne a expliqué que durant l’été, il a dû quitter une fête avec des amis à L’Isle-aux-Coudres en catimini pour aller écrire la mort de Stéphane «Poupou» Pouliot, personnage interprété par Sébastien Delorme. «Ça m’a donné un grand coup», a dit Luc Dionne, qui avait déjà songé à tirer la plogue, notamment après la quatrième saison.

«Il faut comprendre qu’[après] six ans de quotidienne, quelque 4800 pages par année, c’est beaucoup. À un moment donné, c’est le corps qui ne suit plus. Mme Larouche, elle, a commencé ça très jeune. Moi j’ai commencé ça plutôt sur le tard», a indiqué Luc Dionne, qui a maintenant 61 ans et qui souhaite reprendre une vie plus normale avec ses proches et amis.

Il a même dit en boutade avoir l’intention de jeter «ses ordinateurs et son téléphone» et qu’il ne sera pas disponible avant le 1er septembre.  

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«J’avais comme l’impression d’être allé au bout de ce qu’on voulait raconter, de ce que le format permettait. Le succès est encore là, les gens nous suivent toujours, alors c’est ça, je me suis dit: "c’est peut-être le bon moment, vaut mieux arrêter quand c’est le temps que de faire l’année de trop"», a-t-il ajouté.

Luc Dionne a encore une trentaine d’épisodes à livrer à la productrice et scripte éditrice de «District 31», Fabienne Larouche, dont quatre d’ici dimanche.

Pour la finale, l’auteur dit «avoir une très bonne idée» pour satisfaire les fidèles de l'émission.

Selon les plus récentes données confirmées de Numéris pour la semaine du 13 au 19 décembre, qui était la dernière de «District 31» avant les Fêtes, 1,71 million de téléspectateurs étaient au rendez-vous.

Courage, persévérance et talent

Fabienne Larouche, qui a écrit les quotidiennes «Virginie» et «30 vies», est bien au fait des sacrifices et des efforts que Luc Dionne a dû faire au cours des six dernières années. Leur complicité après plusieurs années de collaboration était d’ailleurs palpable en point de presse.

Elle l’a remercié pour son «courage, sa persévérance et son talent», et indiqué que «toute bonne chose a une fin», mais elle a le cœur gros et souhaitait dire aux téléspectateurs de savourer chacun des épisodes, car il en reste seulement 55 à diffuser d’ici la tombée du rideau.

Luc Dionne va ensuite s’accorder un temps de repos avant d’écrire une nouvelle série annuelle de 24 épisodes, intitulée «DPCP», pour le diffuseur public.

ICI Télé bosse par ailleurs déjà sur une nouvelle quotidienne pour la case de 19 h, qui est occupée depuis 26 ans par des intrigues en continu du lundi au jeudi.

Michel Charette et Marc Fournier réagissent à la fin de «District 31»   

District 31
Photo courtoisie

 

Michel Charette, qui vient de revenir dans les intrigues, car son personnage, Bruno Gagné, était parti en thérapie – dans les faits, le comédien est allé tourner la comédie «Le bonheur» pour TVA –, a réagi à la fin de «District 31».

«Ils nous ont réunis tantôt sur le plateau pour nous annoncer la nouvelle. On entendait les rumeurs, mais là c’est officiel. Fabienne, Michel et Luc Dionne étaient sur le plateau pour nous remercier du travail qu’on a accompli et nous dire qu’ils aiment mieux quitter la tête haute dans un projet qui fonctionne encore et ne pas faire la saison de trop», a dit Michel.

«On est tous contents d’avoir participé à ce "show"-là. On l’apprécie. C’est quand même six ans de ta vie à travailler sur une quotidienne, c’est extrêmement demandant. Je pense que c’est dans trois, quatre ans, qu’on va dire: "hey, on a joué là-dedans, on a été chanceux!"», a-t-il ajouté.

«Je pense que tout le monde était serein avec ça. On a une journée à faire, on ne peut pas se laisser emporter par cela. Peut-être que dans deux, trois jours, on va avoir l’impact de ça. Mais on reste des travailleurs autonomes, ça aurait pu finir n’importe quand. Ce métier, c’est un deuil un après l’autre. Il nous reste trois beaux mois de tournage à faire. Après, on va revirer de bord et travailler chacun de notre côté sur nos projets.»

Michel Charette a parlé de «District 31» comme du «rôle de ma carrière jusqu’à maintenant».

«C’est le rôle qui va m’avoir donné une certaine notoriété, la reconnaissance du public et du milieu. Ça m’a permis d’aller dans des zones que je n’avais jamais exploitées comme acteur, de bien gagner ma vie et de rencontrer de grands amis. J’en ressors grandi, heureux et très fier du travail accompli.»

Marc Fournier, qui joue Yves Jacob dans la quotidienne, a aussi commenté. «On est tous un peu à la fois tristes que ça prenne fin, mais aussi bien reconnaissants de la belle "ride" qu’on a eue. C’est un mélange doux-amer. Cette fin n’était pas prévue au calendrier, mais un projet qui se termine veut dire qu’il y a un autre qui peut commencer. C’est un projet qui a changé ma vie. Il y a des amitiés qui se sont formées, un quotidien, une complicité, c’est certain que tout cela va laisser un grand vide. L’univers est impermanent, mais je fais confiance à l’avenir. Ça laisse de la place à autre chose. Il va y avoir eu pour moi un avant et un après-"District 31".»

- Avec Sarah-Émilie Nault, «Journal de Montréal»

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