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Hausse des hospitalisations: pénurie de médicaments en vue dans les hôpitaux du Québec

Le tocilizumab et le sarilumab, derniers recours contre la COVID, pourraient bientôt manquer

Hausse des hospitalisations: pénurie de médicaments en vue dans les hôpitaux du Québec
AFP

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Des médicaments utilisés en dernier recours pour soigner des patients atteints de formes graves de la COVID-19 commencent à manquer dans des hôpitaux du Québec en raison de la forte hausse des hospitalisations.

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Le tocilizumab et le sarilumab, deux médicaments qui sont utilisés aux soins intensifs, font actuellement l’objet d’une gestion serrée des stocks et pourraient venir à manquer dans les prochaines semaines, selon plusieurs sources contactées par notre Bureau d’enquête.

Selon nos informations, au moins trois hôpitaux de la région de Montréal ne disposent plus chacun que d’une dizaine de doses, dont l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« La pénurie est réelle. On va pas se mettre la tête dans le sable », affirme le Dr François Marquis, intensiviste à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Ces deux médicaments représentent un des derniers espoirs pour des patients en détresse respiratoire aiguë.

Ils servent à réduire l’inflammation et sont administrés à des patients afin de tenter de prévenir leur intubation.

L’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESS) a publié en mai 2021 une note dans laquelle il évoquait déjà une « pénurie anticipée de tocilizumab ».

Cette pénurie serait due, selon l’INESS, à la « démonstration récente des bénéfices d’une injection intraveineuse (IV) de tocilizumab IV sur la mortalité des patients atteints de la COVID-19 ayant recours à une oxygénothérapie ».

L’hôpital doit rationaliser

« On a mis en place un système de rationalisation. On ne peut pas en commander. [...] Ce que je peux vous dire c’est que dans mon hôpital, il n’y a plus personne qui a le droit d’en prescrire sauf les oncologues et les intensivistes. C’est barré à la pharmacie », dit le Dr Marquis.

Selon lui, le tocilizumab a été développé d’abord pour soigner des patients atteints du cancer. Son utilité a toutefois aussi été démontrée récemment « en COVID sévère ».  

« On ne le donnera pas à la légère. De là à dire qu’on va s’empêcher de le donner à quelqu’un qui en a besoin, on n’est pas rendu là, mais ça peut changer en deux semaines », explique-t-il.

Pressions sur les stocks

Le ministère de la Santé nous a confirmé par courriel que « le nombre important d’hospitalisations pour des patients atteints de la COVID-19 met de la pression sur les inventaires de certains médicaments plus spécifiques à leur traitement ».

Il n’a toutefois pas voulu donner les chiffres précis des doses actuellement en stock dans les hôpitaux « pour des raisons stratégiques ». 

Selon le ministère, le tocilizumab et le sarilumab sont utilisés dans le traitement de la COVID-19, essentiellement pour les mêmes indications.

Depuis plusieurs mois, la majeure partie des approvisionnements de ces deux médicaments provient d’allocations du gouvernement fédéral destinées aux provinces.

« La demande mondiale de ces produits est très élevée et les quantités disponibles sont donc très limitées », explique Laura Fitzback, porte-parole du ministère.

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