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Les automobilistes se relâchent

Le bilan routier de la Sûreté du Québec s’est détérioré pour une deuxième année consécutive

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Photo d’archives Le 2 septembre dernier, l’autoroute Dufferin-Montmorency, à Québec, a été le théâtre d’une violente collision tuant quatre personnes d’une même famille. La vitesse et l’alcool étaient en cause.

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Pour la première fois en 20 ans, les collisions mortelles sur le territoire de la Sûreté du Québec ont augmenté pour une deuxième année de suite. De 2019 à 2020, le nombre d’impacts fatals est passé de 217 à 231, et l’an dernier, il y en a eu 245. « Il faut freiner cette tendance, insiste le chef de la sécurité routière à la SQ, Paul Leduc (photo), en présentant le plus récent bilan routier. Ça ne peut pas juste être l’affaire de la police. Ça va prendre de l’aide de la population pour débanaliser les collisions. »

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Plus d’aînés 

Les 65 ans et plus ont davantage péri sur les routes du Québec l’an dernier. 

« C’est préoccupant parce qu’ils forment plus du quart des victimes », a lancé le capitaine Leduc. Le nombre d’aînés décédés sur les routes a aussi augmenté de 5 % par rapport à 2020, alors que 51 victimes étaient âgées de plus de 65 ans. En 2021, il y en a eu 62.

Chez les jeunes de 16 à 24 ans, on dénombre 42 décès l’an dernier, ce qui représente 18 % des victimes. Cette même tranche d’âge a déjà représenté 30 % des victimes il y a près de 10 ans, a rappelé le policier Leduc.

La faute à la COVID-19 ?  

La pandémie de COVID-19 a un grand rôle à jouer sur la détérioration significative du bilan routier depuis deux ans, croit le capitaine Paul Leduc. 

D’abord, bon nombre de Québécois n’ont pas pu voyager comme ils avaient l’habitude de le faire, augmentant ainsi le nombre de kilomètres parcourus sur les routes de la province. 

« On a aussi remarqué davantage de grands excès de vitesse. Peut-être que les gens sont moins patients, n’en peuvent plus, c’est une possibilité », a-t-il soulevé.

Pas tous attachés 

Le nombre de conducteurs et de passagers tués parce qu’ils ne portaient pas la ceinture de sécurité augmente d’année en année, s’est désolé le capitaine Leduc. Entre 2020 et 2021, le pourcentage des personnes mortes non attachées est passé de 14 à 20 %. 

« En 2021, 50 victimes décédées ne portaient pas leur ceinture, c’est 20 % des décès sur les routes, des tragédies qui auraient pu être évitées », s’est-il indigné. Il peine à s’expliquer pourquoi le simple geste de boucler sa ceinture de sécurité avant de rouler n’est pas un automatisme pour tous. Il est même d’avis que les constructeurs automobiles devraient réagir à la problématique. 

« Rien ne devrait fonctionner tant que tu n’es pas attaché dans ton véhicule », a-t-il insisté.

Poids lourds et motos 

Le capitaine Leduc s’inquiète de voir une augmentation dans le nombre de tracteurs routiers impliqués dans un impact fatal, passant de 23 en 2020 à 34 en 2021. 

« Malheureusement, quand un tracteur routier est impliqué dans une collision, c’est rarement le conducteur qui décède, mais les autres plus vulnérables autour », a rappelé le policier. 

Par ailleurs, en 2020 et 2021, 15 % des victimes de la route étaient des motocyclistes. L’an dernier, 57 collisions mortelles impliquaient au moins une motocyclette, ce qui représente une hausse marquée par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, qui se situe à 41. 

Encore la vitesse​ 

L’an dernier, le quart des 245 collisions mortelles était dû à une conduite dangereuse et la vitesse. D’ailleurs, la vitesse reste la cause numéro un des décès sur les routes. 

« Année après année, on annonce qu’on sera présent sur les routes à tous les congés, les conducteurs savent que la vitesse tue, et malgré tout ça, ça continue », s’est insurgé le capitaine Leduc. Selon lui, la solution va passer par la technologie (panneau d’affichage de vitesse, caméras qui calculent la vitesse), mais aussi davantage d’interventions de la part des policiers. 

« Recevoir un constat d’infraction par un policier a le plus grand impact sur le comportement et c’est ça qui est le plus important », a-t-il insisté.

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