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Au nom de la pandémie, tout semble permis

Vaccine.
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Après avoir régulièrement alimenté la grogne populaire en accusant les non-vaccinés de la débâcle hospitalière, M. Legault a exaucé le vœu de ceux qui l’imploraient de sévir contre ces « irresponsables » qui encombrent les hôpitaux et constituent un « fardeau financier ».

Or, si ceux qui refusent la piqûre sont irresponsables, ceux qui se réjouissent de cette vaxi-taxe sont des idéologues, de surcroît rancuniers, bien plus dangereux que le virus. Car la pandémie finira un jour. Mais applaudir une taxe qui punit l’anticonformisme, c’est faire basculer la société dans un paradigme qui n’augure rien de bon.

Naïveté

On peut voir partout des « irresponsables » qui constituent un « fardeau financier ». Il faut donc être naïf pour s’imaginer que l’application de la vaxi-taxe se limitera aux non-vaccinés. Car si les boucs émissaires d’aujourd’hui sont les non-vaccinés, qui seront ceux de demain ?

On est ainsi en droit de se demander si, très vite, on ne taxera pas aussi ceux qui ne reçoivent pas le nombre de doses décrété par le gouvernement. Ensuite, comme les lits d’hôpitaux sont également occupés par des « irresponsables » qui ont sapé leur santé avec une mauvaise hygiène de vie, taxera-t-on les diabétiques, les obèses, etc. ? Est-ce que ce sera ensuite au tour des irresponsables qui font du vélo sans casque et des sportifs téméraires ?

Et pourquoi nous limiterions-nous au conformisme sanitaire ? Les entreprises généreusement subventionnées et les décrocheurs n’imposent-ils pas aussi un fardeau financier ?

Quant aux « irresponsables » qui polluent le cerveau de leurs concitoyens avec leurs opinions qui froissent la doxa, pourquoi pas une taxe sur l’anticonformisme intellectuel ? Après tout, ce serait simplement l’institutionnalisation de la cancel culture aujourd’hui si populaire.

Valeur

Au nom de la pandémie, tout semble permis. C’est une erreur gravissime ! Certaines valeurs fondamentales devraient être sacrées. Le respect de la démocratie est l’une d’elles.

Il faut penser à long terme. Car si on sait où débute une brèche, on ignore vers quelles abjections elle peut conduire. Ouvrir un livre d’histoire suffit pour le réaliser !