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Deux enfants maltraités poursuivent leurs parents

Battus toute leur jeunesse, ils réclament à deux près d’un demi-million de dollars

GEN - MARIO MONETTE ET CAROLE VAN HOUTTE
Photo d'archives, Martin Alarie et courtoisie Le pasteur Mario Monette et sa femme, Carole Van Houtte Monette (en mortaise sans masque), au palais de justice de Longueuil en mai dernier avant d’être condamnés à la prison pour avoir terrorisé leurs enfants pendant près d’un quart de siècle.

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Un pasteur et sa conjointe qui ont battu à répétition leurs huit enfants à coups de bâton et de ceinture sont poursuivis pour plus d’un demi-million de dollars par deux d’entre eux.

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Après avoir joint l’Église Biblique Baptiste des Cantons-de-l’Est au début des années 1980, Mario Monette et Carole Van Houtte Monette ont fait subir des sévices physiques à leurs enfants. 

Les parents préconisaient alors une éducation extrêmement stricte, allant du contrôle sur le choix des amis, la musique qu’ils écoutaient (que des airs religieux), ainsi que sur leur habillement.

La moindre désobéissance des enfants leur valait au minimum 10 coups de bâton ou de ceinture sur les fesses.

M. Monette et Mme Van Houtte Monette ont d’ailleurs été condamnés l’an dernier à cinq et quatre ans de pénitencier pour avoir fait subir des voies de fait armées, avoir menacé et séquestré six de leurs huit enfants sur une période de 25 ans.

Force élevée

Deux d’entre eux, Mélanie Monette Gamelin et Micaël Monette, les poursuivent individuellement. Le second, maintenant âgé de 40 ans, réclame pour sa part 357 000 $ pour les séquelles subies. 

« Les abus physiques sur [Micaël] ont commencé aussi jeune que ce dernier peut s’en rappeler, donc durant les premières années de sa vie, alors que les corrections se faisaient par des coups avec une petite pelle ou un petit bâton », peut-on lire dans la poursuite déposée au début de l’année au palais de justice de Longueuil. 

Les deux enfants affirment que la force des coups infligés était « excessivement élevée », ayant pour but de faire mal physiquement aux jeunes, « afin que les comportements visés cessent de se produire ».

Les parents frappaient parfois si fort sur les fesses de leurs enfants que les bâtons se brisaient, précisent les deux poursuites.

Les sévices se seraient produits quotidiennement, après des événements aussi « insignifiants » qu’un « dégât de lait dans la cuisine, un mauvais choix de musique, une désobéissance ou une mauvaise attitude ».

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80 à 100 coups

Les enfants pouvaient recevoir jusqu’à 80 ou même 100 coups, qui leur causaient « des bosses sur la peau, du rougissement, des ecchymoses et parfois même des galles », résument les poursuites. 

Micaël Monette accuse ses parents d’avoir eu un « contrôle total » sur sa vie jusqu’à ses 18 ans, moment où il a coupé les ponts avec eux. Il dit vivre depuis avec un important traumatisme et « une détresse psychologique immense ».

Tout comme sa sœur, il reproche à ses parents d’avoir « failli sur toute la ligne » dans leur devoir d’éducation. Ils déplorent aussi que les conséquences de ces abus aient fait « dérailler irréparablement » leur « chemin de vie ». 

Mélanie Monette Gamelin, pour sa part, poursuit ses parents pour 200 000 $, pour sa vie « sacrifiée », non seulement dans sa jeunesse, mais aussi durant sa vie adulte.

Même après avoir quitté le foyer familial après sa majorité, la femme aurait maintenu un lien avec ses parents pendant plus de 25 ans. Son père aurait continué « ses intrusions dans sa vie » quant au budget familial, à l’éducation de ses enfants, à sa manière de s’habiller, de se coiffer, jusqu’à l’aménagement intérieur de sa maison.

La femme aujourd’hui âgée de 48 ans aurait aussi été longtemps forcée de verser 10 % de son revenu familial à l’Église. 

Les deux enfants précisent dans leur poursuite respective être toujours à quantifier le montant de leurs pertes de revenus passés et futurs, à cause du traumatisme vécu.

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