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Péter une coche sur un pétage de coche

Le bonheur
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Mais où est donc passé le sens de l’humour ? Où est passé le second degré ?

Pouvez-vous croire qu’il y a d’éminents intellectuels, des gens bardés de diplômes, des grands esprits, des pamphlétaires connus, qui capotent à cause du fameux « pétage de coche » de Michel Charrette dans son rôle de prof dans Le bonheur à TVA ?

Alors que la moitié de la province se tord de rire, des empêcheurs de s’amuser en rond sont incapables de voir le second degré et prennent ce numéro d’anthologie au pied de la lettre.

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C’EST UNE BLAGUE !

J’ai longtemps eu beaucoup d’admiration pour René-Daniel Dubois, le comédien, auteur et dramaturge à qui l’on doit Being at home with Claude, Panique à Longueuil ou Ne blâmez jamais les bédouins. Mais il est devenu un petit curé qui n’entend pas à rire.

Sur Facebook, il a écrit à propos du pétage de coche de Michel Charrette : « Tout est faux dans ce déchet. Tout. [...] Des mensonges lâches, (pas) un atome de vérité. »

Un auteur de pièces de théâtre (donc des œuvres de fiction) qui reproche à une série de télé (donc une œuvre de fiction) de ne pas être « vraie », avouez que c’est assez ironique.

Qu’un grand esprit comme RDD n’ait pas été capable de voir que cette scène est une caricature, une exagération, une parodie, c’est assez décourageant. Mais il va encore plus loin en écrivant : « Je vis dans une société en train de se noyer dans ses mensonges, une société où la haine pour la jeunesse est rien de moins que terrifiante. »

Wô, on se calme. La scène où le prof hurle « Année après année, j’enseigne à des élèves encore plus imbéciles que ceux de l’année d’avant ! », ce n’est pas un appel à prendre un bâton de baseball pour aller leur défoncer le crâne. C’est le cri du cœur d’un homme déprimé, en plein délire, sur le bord du burn-out.

Le journal Métro a interviewé plusieurs spécialistes (la plupart issus de l’UQAM) qui sont offensés par cette scène qu’ils trouvent dangereuse et bourrée de stéréotypes. Vous vous rappelez que le pétage de coche de Michel Charrette est déclenché par une élève qui affirme que le mot autoroute n’a pas à s’écrire au féminin ou au masculin, parce que l’autoroute peut bien choisir son genre. C’est tellement évident que c’est une caricature, une blague sur l’écriture inclusive.

Mais selon une linguiste qui a sûrement autant de sens de l’humour qu’un barreau de chaise, « ce genre de scène vient creuser encore plus le fossé entre les générations et crée un sentiment d’isolement chez les jeunes. Cette scène peut coûter cher à l’avenir de la langue française et à la santé mentale des jeunes. »

Mon Dieu ! Les pôvres petits étudiants québécois vont être traumatisés à vie à cause d’une scène de fiction ?

ÇA VAUT UNE RISÉE

À son émission à QUB radio, Richard Martineau a reçu un psychologue qui affirme que plusieurs de ses patients, qui sont professeurs, ont adoré ce « pétage de coche », car cela leur a fait du bien.

Mais personne ne pense qu’ils passeraient à l’acte en cassant tout dans leur classe et en renversant des bureaux !

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec le psychologue Paul Langevin sur QUB radio: