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Taxer les antivax: tous contre la CAQ

Periode des questions
Photo d'archives Dominique Anglade

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Je suis tentée de reprendre le titre de ma chronique de lundi dernier, « 1-0 pour les non-vaccinés », mais en le modifiant ainsi : « 2-0 pour les non-vaccinés ».

La taxe sanitaire antivax déchaîne les passions. Or, à ce stade de la pandémie, les passions par définition irrationnelles sont porteuses de dérèglements mentaux, d’angoisses sociales, de découragements collectifs et de déclarations à l’emporte-pièce.

Tout cela est prévisible de la part des partis d’opposition, qui profitent de leur virginité politique due à leur manque de pouvoir du moment qui découle de l’exercice de la politique actuelle par décret du gouvernement Legault.

Précisons que cette manière d’exercer présentement le pouvoir se pratique dans nombre de démocraties. Car nous sommes en guerre contre un ennemi difficile à cerner.

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Triomphants

Les non-vaccinés ont donc raison de se réjouir. Tous les partis d’opposition sont leurs alliés et ils s’entendent sans même se consulter. Dominique Anglade, la cheffe du PLQ, considère que d’autres moyens auraient pu être utilisés. Le chef parlementaire du PQ, Joël Arseneau, demande une commission parlementaire pour débattre de la question. Or devant le délestage actuel dans les hôpitaux découlant de la forte proportion de non-vaccinés hospitalisés, on a tout le temps, c’est certain, pour discuter à l’Assemblée nationale.

Quant à Vincent Marissal, porte-parole de QS en matière de santé, il souhaite vivement que les ministres de la Santé et des Finances donnent aux députés plus de détails sur la « contribution santé ». Et selon Le Devoir, il a ajouté dans sa langue populiste d’ex-journaliste : « Le gouvernement ne peut pas rédiger des politiques publiques comme ça, sur une napkin, entre le café et le dessert ».

La taxe antivaccin serait aux yeux de groupes de médecins à sensibilité de gauche un pas vers le démantèlement de notre système public. Pour d’autres opposants, le couvre-feu est liberticide. Bref, les non-vaccinés, de sombres soldats, à la défense de leur liberté personnelle, réussissent à obtenir l’appui de tous ceux que le Québec compte comme des défenseurs, de l’extrême gauche et de l’extrême droite. Des militants du wokisme jusqu’aux mouvements fascisants en passant par tous les partis de l’opposition. Un exploit jamais encore égalé.

Front commun

On pourrait ajouter que seul le projet de loi sur le droit de mourir dans la dignité a réussi à faire l’unanimité au Québec. Or l’on souhaiterait en cette période tragique et unique que nous traversons que nous fassions front commun.

Le terrible délestage actuel dans les hôpitaux condamne des malades atteints de cancer ou d’autres maladies graves à attendre des semaines, parfois des mois pour recevoir les soins. Cela signifie que l’on augmente considéra-blement leur risque de mourir. Comment peut-on rester indifférent au fait qu’ils meurent ?

Personne, sauf des anarchistes de tout acabit, ne souhaite l’effondrement de nos institutions. Le gouvernement doit être critiqué. On doit remettre en question des décisions que l’on sent improvisées. Mais il est gênant, voire scandaleux, que la politique partisane et une idéologie guerrière forment une alliance contre le gouvernement Legault, dont personne n’envie le rôle actuel et pour lequel nombre de citoyens éprouvent de l’empathie en ces temps si durs.