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Des nouvelles formules de dictées qui ont la cote dans les classes

Chaque matin, l'enseignante Marie-Claude Tardif fait de l'analyse grammaticale avec ses élèves de cinquième année

Marie-Claude Tardif
Daphnée Dion-Viens L'enseignante Marie-Claude Tardif avec ses élèves de cinquième année de l'école des Pionniers, à Saint-Augustin, pendant une analyse d'une phrase du jour.

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La traditionnelle dictée n’a plus la cote dans la classe de français. Pour apprendre aux élèves à bien maîtriser la grammaire, mieux vaut miser sur de nouvelles formes de dictées, dites «intelligentes», qui ont fait leurs preuves en amenant les élèves à réfléchir à ce qu’ils écrivent.

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Faire réfléchir les élèves grâce aux dictées 2.0

Dictée zéro faute, phrase dictée du jour, dictée commentée... Les formules varient, le principe reste le même: amener les élèves à se poser les bonnes questions afin de résoudre un problème lié à l’orthographe. La dictée devient alors une façon d’apprendre, plutôt qu’un outil d’évaluation.

«On ne peut pas écrire en français sans réfléchir. Pour maîtriser une langue, il faut la comprendre», affirme Carole Fisher, professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi, qui a réalisé plusieurs recherches démontrant l’efficacité de ces pratiques.

Marie-Claude Tardif Courtoisie

Dans sa classe de cinquième année, Marie-Claude Tardif a opté pour deux formules qui s’inspirent de ce principe. Chaque matin, pendant une bonne vingtaine de minutes, elle analyse avec ses élèves une phrase judicieusement choisie.

Lors du passage du Journal, en décembre, les élèves devaient repérer les verbes, les pronoms ou les prépositions dans la phrase suivante: «Dans les chaumières québécoises, durant la période des Fêtes, jusqu’à vingt habitants pourront se rassembler s’ils sont vaccinés». Le but: comprendre comment la phrase est construite, ce qui aidera les élèves à l’écrire correctement.

«La clé, c’est d’en faire chaque jour. Après quelques mois, mes élèves, même les plus faibles, sont capables d’analyser n’importe quelle phrase», affirme l’enseignante.     

Dictée commentée

Toutes les deux semaines, les élèves de Mme Tardif ont aussi droit à une dictée commentée. L’enseignante ne se contente pas de dicter les mots à ses élèves, elle leur montre quelles questions ils doivent se poser pour se corriger, sans toutefois leur donner la réponse. 

«Est-ce que ce mot-là est un verbe? Si oui, avec quoi je l’accorde? Ce pronom remplace qui dans la phrase? Je vais leur expliquer tout ce qui se passe dans mon cerveau, comment moi, j’aurais corrigé cette dictée», explique Mme Tardif.

«C’est la chose la plus payante que je fais au niveau de la correction. Je montre aux élèves comment les faire réfléchir, pour qu’ils se posent les mêmes questions lorsqu’ils révisent leurs propres textes», ajoute-t-elle.

De son côté, Mme Fisher insiste sur l’importance de miser sur ces pratiques dès la troisième année du primaire jusqu’au secondaire, tout en insistant sur la «période critique» qui se situe à la fin du primaire. «Il ne faut pas rater ce rendez-vous-là», lance-t-elle.