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Aux frais des contribuables

Campeau
Photo courtoisie Les autorités gouvernementales ont été contraintes d’ordonner un ratissage sur un périmètre de 400 km² pour y abattre tous les cerfs de Virginie.

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À l’automne 2018, il y a eu une éclosion de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC) dans un élevage privé à Grenville-sur-la-Rouge.

On se souviendra que près de 3000 cerfs ont alors été abattus. Dans ce type de scénario, le gouvernement fédéral, via l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), verse une indemnisation lorsqu’elle ordonne l’abattage d’un élevage parce qu’une maladie y a été détectée. Il y a déjà là quelques millions de dollars en jeu.

Pire encore

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) s’est engagé, dans une vaste opération, à réduire au minimum les risques de propagation de cette maladie dans l’arrière-pays. Depuis lors, le MFFP a mis en œuvre un plan d’action ambitieux sur le terrain impliquant des interventions réalisées par des agents de protection de la faune, des techniciens de la faune et des biologistes du Ministère. Ces opérations de surveillance des activités de chasse, de sensibilisation du public, d’échantillonnage du gibier abattu, de suivi des populations animales, de récupération des bêtes ayant des signes apparentés à la MDC et d’abattage d’animaux sauvages s’étant introduits dans les enclos où la maladie a émergé, se font à partir des budgets du Ministère, c’est-à-dire aux frais des contribuables.

Responsabilité

Plusieurs citoyens et élus du secteur concerné, comme le maire de Grenville-sur-la-Rouge, Tom Arnold, se demandent à partir de quand le propriétaire de cet élevage devra endosser sa pleine responsabilité dans ces évènements. Depuis le début de l’éclosion de MDC dans cet élevage des Laurentides, c’est la collectivité québécoise qui assume entièrement la mise en œuvre des opérations nécessaires au contrôle de cette maladie.

Un exemple assez récent témoigne de la situation qui perdure dans ce dossier. Des citoyens ont observé la présence de cerfs sauvages à l’intérieur de l’un des enclos de l’élevage en question. Ils ont rapidement informé la Municipalité, qui, elle, a aussitôt contacté le MFFP. Une équipe mixte s’est déplacée sur les lieux pour intervenir. Trois cerfs ont alors dû être abattus, car ils s’étaient introduits dans cet enclos. Les résultats d’analyse ont montré que les chevreuils ayant pu être analysés n’étaient pas atteints de la MDC. Cette simple intervention s’est déroulée chez l’éleveur, par les employés du MFFP, encore une fois aux frais de la princesse, pour reprendre l’expression populaire.

« Pourquoi faut-il donc que ce soit uniquement les contribuables québécois qui doivent payer la gestion d’une crise amorcée dans le cadre des exercices d’une entreprise privée ? », s’interroge le maire de Grenville-sur-la-Rouge, Tom Arnold. Ce dernier a fait adopter une nouvelle loi ayant comme objectif de prohiber l’élevage de bêtes ailleurs que dans une zone spécifique de sa municipalité, et ce, dans un bâtiment fermé entouré de clôtures doubles pour s’assurer que cette situation cauchemardesque ne recommence pas.