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Aviez-vous le retour de Moist sur votre carte de bingo 2022?

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Huit années se sont écoulées depuis le dévoilement de Glory Under Dangerous Skies, un quatrième album satisfaisant bien que prudent et qui était célébré à l’époque comme le retour de l’alternatif dit canadien (ou le « big shiny rock » si vous préférez). Considérant que The Tea Party proposait au même moment The Ocean at the End, l’excitation – du moins, au sein de l’équipe de CHOM FM – était justifiée.

Moist  

Photo courtoisie

★★★ 1/2

End of the Ocean

M’enfin, près d’une décennie plus tard, David Usher a trouvé du temps dans son agenda (le gars est auteur, directeur artistique et j’en passe ; son parcours est fascinant) pour endisquer à nouveau avec ses potes, et l’œuvre s’avère (un brin) rafraîchissante.

La fin de l’océan... et du reste ?

Musicalement, on demeure en terrain incroyablement connu et battu. Sans nécessairement ressasser sa gloire d’antan, Moist opte tout de même pour une direction diablement contemporaine et convenue. C’est du rock sur lequel on tombe en passant d’une station de radio à l’autre lors d’un roadtrip. Correct, sans plus.

Là où Moist se distingue, c’est justement via la plume d’Usher qui, visiblement, est plus qu’inspiré par son Climate Clock (davidusher.com/climate-clock), ce « décompte » vers le réchauffement climatique réalisé en compagnie d’un enseignant de l’Université Concordia. Pour faire bref : Moist fait ici dans le rock d’écoanxiété dénonçant l’hyperconsommation (avec un peu plus de subtilité que Don’t Look Up, toutefois). Je vous vends le punch : Usher pointe vers l’optimisme et le front commun... par moments.

End of the Ocean ne convertira pas de nouveaux fans, mais va au moins conforter les mélomanes inconditionnels du projet. C’est déjà ça de gagné. 

Muse  

Photo courtoisie

★★

Won’t Stand Down

Muse délaisse (un chouia) les bidouillages électroniques pour revenir à sa véritable marque de commerce : le rock pop épique, hymnique et aussi fromagé, voire prétentieux (sur les refrains, du moins). Du côté des couplets, Matt Bellamy, fidèle à son habitude, croone sur une mixture rock pop flirtant avec l’électro et qui fait même écho au fameux Sails d’AWOLNATION (ce n’est pas un compliment). Won’t Stand Down risque de ne plaire qu’aux fanatiques du groupe, tant le nouveau single tombe entre deux chaises. Dommage. 

Alicia Moffet  

Photo courtoisie

★★ 1/2

Lullaby

Timing ! Quelques semaines après un « conflit » l’opposant, notamment, à l’influenceuse Elisabeth Rioux, Alicia Moffet lance un brûlot qui pourrait bien être une réponse mercurielle à la débandade... sur fond de rythmique pop R&B à la Charlotte Cardin, comme il se doit. En plus de faire écho à l’artiste derrière Phoenix, Moffet y interprète un texte vraisemblablement composé dans l’urgence tant il repose sur une simplicité se résumant à balancer des doigts d’honneur aux refrains. Moffet demeure convaincante, certes, mais on s’attendait à mieux.

Marc Lavoine  

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Adulte jamais

Le chanteur pop et acteur reprend du service derrière le micro près de quatre années après Je reviens à toi, un album plébiscité pour ses pièces pop subtiles ainsi que ses ballades à l’eau de rose dépouillées. Superstitieux, Marc Lavoine ? Pour ce 13e album, l’artiste se fait prudent, puis opte pour une suite logique et va même jusqu’à s’appuyer davantage sur des morceaux plus conservateurs. À noter : une drôle de dichotomie habite la pièce-titre alors qu’elle est la plus appréciable de l’œuvre (c’est la plus originale) et la plus morne (car Grand Corps Malade y participe et n’y amène absolument rien d’intéressant). 

COUP DE ❤    

Eddie Vedder  

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★★★

Brother The Cloud

Une décennie (!) après son deuxième LP solo, Eddie Vedder revient finalement à la charge avec un nouvel extrait annonçant un album – Earthling, à paraître le 11 février – plus près du rock de Pearl Jam que de ses pièces au ukulélé. Optant pour un rock quasi grunge sur fond de deuil qui plaira assurément à ses fans dans la quarantaine, Vedder en profite d’ailleurs pour s’entourer d’autres grands noms du rock alterno des années 90 dont Chad Smith (Red Hot Chili Peppers). Prévisible, donc, mais bien fait et étrangement rassurant. Un lieu commun qui, visiblement, fait du bien cette semaine.