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«Hôtel Transylvanie: transformanie»: Gabriel Lessard partage les secrets du doublage

Festival international du film de Toronto_4
Photo courtoisie

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Gabriel Lessard, qui double le personnage de Johnny dans la quadrilogie animée «Hôtel Transylvanie» depuis le premier long métrage il y a 10 ans, nous a entraînés dans les coulisses de son métier très particulier et d’une saga qui l’est tout autant.

«Hôtel Transylvanie: transformanie», le dernier film de cette amusante franchise familiale, suit Dracula alors qu’il songe à remettre les clés de son hôtel à sa fille Mavis et à son gendre Johnny. Mais l’attitude de ce dernier lui fait revoir sa décision. De fil en aiguille et en raison de l’intervention de Van Helsing, le beau-père de Dracula, ce dernier est transformé en humain tandis que Johnny devient un dragon. 

«On a enregistré tous seuls, chacun de notre côté, ce qui rend le travail beaucoup plus difficile», a expliqué d’emblée Gabriel Lessard, lorsque questionné sur le déroulement du doublage effectué en 2020 — date à laquelle le film devait prendre l’affiche, mais en raison de la pandémie, sa sortie a été reportée à de nombreuses reprises. 

«J’aime la naïveté de Johnny. C’est quelqu’un de complètement heureux sans être stupide. Il est très profond et très sensible, en fait. C’est ce qui est le “fun” à jouer de ce personnage. Il est très agréable à aller chercher. Il a une belle folie aussi, il va dans les excès, dans l’émotion pure», a-t-il dit lors d’une entrevue téléphonique. 

Comme de la musique...

Gabriel Lessard n’effectue aucune distinction entre son métier d’acteur et son métier de doubleur. «C’est fascinant de comprendre les personnages. Il ne faut pas juger chaque personnage qu’on a à défendre. Au premier abord, Johnny aurait pu être complètement débile, mais non, au contraire. Ça m’a forcé à aller chercher cette naïveté, cette ouverture d’esprit. Johnny m’a apporté le laisser-aller.» 

«Je compare un peu le doublage à jouer du piano. N’importe quel pianiste peut avoir une partition de Beethoven et jouer la même symphonie. Qu’est-ce qui différencie un bon pianiste d’un grand pianiste? Il y en a un qui prend cette partition et qui se l’approprie. Pour moi, c’est ça le doublage. Ce n’est pas juste d’imiter bêtement ce que l’autre a fait – de toute façon, ce n’est pas la même langue -, il faut se l’approprier et donner la même émotion pour que le public francophone reçoive le même film. Il faut respecter les respirations, les silences, les crescendos. Faire du doublage, c’est très musical.» 

Questionné sur ce qu’il a insufflé de lui à Johnny, Gabriel Lessard réfléchit, puis rit. «C’est dur à dire, je pense qu’il y a un peu de nous dans chaque personnage... Si un autre doubleur l’avait fait, il aurait sûrement sonné différemment. J’ai eu le rôle sur audition, j’avais déjà doublé Andy Samberg avant. Il doit donc y avoir quelque chose que je ne contrôle pas trop dans ma personnalité et mon timbre de voix qui doit rejoindre l’énergie première de Johnny.» 

Et quand vient le temps d’expliquer le succès et la longévité de la franchise, Gabriel Lessard souligne «à chaque film, il y a une belle évolution dans les personnages». Et de ce quatrième opus, il mentionne qu’«il y a une quête d’identité, de l’acceptation de soi, de l’acceptation de l’autre et de la différence. Et que, en voulant devenir quelqu’un d’autre, on finit par se perde.» 

«Hôtel Transylvanie: transformanie» a pris l’affiche le 14 janvier sur Amazon Prime Video.