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Le dernier procès de Victor Melki: lorsque deux folies s’affrontent

Sandrine Destombes
Photo courtoisie, Sandra Alves Sandrine Destombes

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Inspirée par un fait divers qui l’a profondément marquée, l’écrivaine française Sandrine Destombes a choisi d’examiner la thématique des crimes qui ne sont pas punis par la justice, parce que le coupable était déclaré inapte dans son nouveau thriller, Le dernier procès de Victor Melki. 

Sandrine Destombes
Photo courtoisie

Max Tellier, au bord du burn-out, est en disponibilité depuis plusieurs semaines lorsqu’un messager anonyme la convie à l’enterrement d’un homme que personne ne semble connaître et encore moins regretter. D’autres messages suivent, et Max Tellier, poussée par la curiosité, remonte la piste d’une organisation décidée à repousser les limites du système judiciaire. Chaque coupable mérite une peine exemplaire, croit-on, et si la justice ne les condamne pas, certains sont prêts à tout pour y remédier.

Puisqu’elle n’est pas en mesure de mener une enquête, Max Tellier fait appel au capitaine de gendarmerie Antoine Brémont, expert en profilage, pour sauver la prochaine cible de ces justiciers. Qui sont les coupables et qui sont les victimes lorsque deux folies s’affrontent ?

« Pour ce roman, j’ai eu un flash, qui remontait à deux ans auparavant, au moment où on était confinés. Je n’arrivais pas du tout à écrire et ça ne m’inspirait pas », raconte Sandrine Destombes, en entrevue. « Généralement, quand j’écris, c’est quelque chose qui m’a imprégnée, les sujets de société. Et pour celui-là, il y a eu un fait divers que personne n’a trop relevé : un incendie dans un immeuble. »

« Tout de suite après l’incendie, les journalistes ont dit que [l’incendiaire] connue de la justice, internée plusieurs fois, était probablement sous l’emprise de psychotropes et qu’il y avait peu de chances que ça aille jusqu’à un procès. »

« Je me suis dit : mais qu’est-ce qu’on ressent, quand on est un proche de la victime, quand on nous dit que de toute façon, la justice ne fera rien pour nous, parce que cette personne ne peut pas aller en justice. J’ai commencé à me renseigner sur plein d’affaires. Cette fois, c’était un incendie involontaire. Mais je suis tombée sur des cas assez terribles. »

Peur de l’erreur judiciaire

Sandrine Destombes s’est sentie très partagée en écrivant son histoire. « Moi, je crains la justice. Elle me fait peur, parce que je la respecte. J’ai toujours peur de l’erreur judiciaire, et je me dis toujours qu’il vaut mieux avoir un coupable en liberté qu’un innocent en prison. »

Elle trouve cependant important que nous restions humains dans notre façon de juger. « Si une personne est malade, schizophrène, on n’a pas le droit de la juger. De toute façon, qu’est-ce qu’on pourrait faire de cette personne ? Si elle allait en prison, ce serait terrible : c’est pas sa place. Alors je me suis dit, pourquoi on n’a pas le droit de les enfermer dans un hôpital psychiatrique ? Je ne sais pas ce qu’il en est au Canada, mais nous, on n’a pas le droit de faire une peine dans un hôpital psychiatrique. » 


♦ Sandrine Destombes a fait carrière dans la production d’événements avant de se lancer dans l’écriture.

♦ Elle a publié L’Arlequin et Les jumeaux de Piolenc, traduit en six langues et récompensé du Prix VDS RTL 2018 du meilleur thriller français.

♦ Son thriller Ainsi sera-t-il sort chez Hugo Poche le 19 janvier.