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Nickel: assez de «toujours dans votre cour» !

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Il est navrant que le maire Bruno Marchand ait choisi de ne pas répondre à la proposition conjointe de l’opposition officielle et de Madame Jackie Smith de s’opposer dès la prochaine séance du conseil municipal à l’intention du gouvernement du Québec de multiplier par cinq la quantité de nickel permise dans l’air ambiant. En effet, la consultation concernant cette modification réglementaire significative se termine le 20 février et il est permis de craindre qu’en tardant autant à s’inscrire dans le débat, la voix de la Ville de Québec ne soit pas entendue.  

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L’allègement réclamé par l’industrie et souhaité par le gouvernement du Québec s’oppose aux objectifs de développement durable qui visent l’équilibre entre les impacts environnementaux, sociaux et économiques des activités humaines, en ne s’intéressant qu’aux derniers d’entre eux, d’une manière par ailleurs mal fondée. La Ville de Québec n’extrait pas de nickel de son sous-sol et on n’y fait pas davantage de transformation. Notre port est un site de transbordement des minerais provenant des exploitations du nord du Québec et du Labrador en direction de différents marchés. C’est cette simple activité de transit qui vient ajouter plus de particules de nickel à toutes celles de différentes provenances qu’on trouve dans la soupe chimique que constitue l’air du milieu urbain densément peuplé qu’est Limoilou. 

Action et expertise

Ce projet de modification réglementaire représente également une claque au visage de citoyennes et de citoyens qui cumulent près d’une décennie d’action et expertise pour assainir la qualité de leur air et obtenir le soutien de plusieurs institutions communautaires et publiques. Ce qu’il faut viser, ce n’est pas d’identifier quelle quantité de substance on peut encore arriver à faire tenir dans notre air déjà saturé. Il faut plutôt trouver comment on peut en retirer. 

Récemment, le projet Limoil’Air a vu le jour, initié par le conseil de quartier du Vieux-Limoilou avec la collaboration des conseils de quartier de Maizerets et de Lairet. On vise à mesurer en temps réel les particules fines qui seront récoltées par 75 capteurs installés à différents endroits de ces quartiers dès ce printemps. L’importante adhésion récoltée par cette initiative démontre non seulement que notre population est inquiète, mais aussi qu’elle est fortement mobilisée et qu’elle est désireuse d’établir ses revendications sur des données scientifiques probantes. Partant de là, la moindre des choses serait de montrer à nos gens que leurs doléances sont prises en compte, en arrêtant de leur imposer un peu plus de « toujours dans votre cour ». 

Les élus doivent s’unir

Les citoyens sont en droit de s’attendre à ce que leur maire les défende devant cette velléité d’ajouter plus de contaminants à l’air déjà saturé de la Basse-Ville. Les yeux des citoyennes et des citoyens de Limoilou, Maizerets-Lairet, Saint-Sauveur-Saint-Roch, Vanier-Duberger, Saint-Rodrigue et bien au-delà sont tournés vers l’Hôtel de Ville. Ils espèrent que tous leurs élus s’uniront pour faire barrage à ce projet qui aurait un impact négatif direct sur la santé des habitants de la Ville de Québec. 

En espérant que M. Marchand et son administration prennent le pas, vous êtes invités à vous exprimer sur cette modification règlementaire d’ici au 20 février 2022 en écrivant à l’adresse suivante : francois.houde@environnement.gouv.qc.ca 

Claude Villeneuve

Conseiller municipal de Maizerets-Lairet

Chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec