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Tenez toujours compte de votre régime de retraite

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Lorsqu’on discute de salaire, certains plateaux exercent une sorte de fascination. Passer d’une rémunération de 44 000 $ à 48 000 $, il n’y a pas de quoi écrire à sa mère. De 46 000 $ à 50 000 $, c’est toujours juste 4000 $ de plus, mais ce n’est pas la même chose. Les chiffres ronds, les dizaines, produisent un effet psychologique. Comme avec l’âge. 

S’il y a un palier en particulier pour lequel le monde ne s’excite pas à peu près, c’est bien celui de 100 000 dollars. Une fois ce cap franchi, c’est comme si on entrait dans un club sélect. Ce qui n’est pas tout à fait faux, car rendu là, on fait partie de la frange des 10 % les plus riches.

Je vous dis ça, car j’ai eu une conversation inattendue à ce sujet avant les Fêtes, avant le confinement en fait. Lors d’un événement, une connaissance me racontait qu’elle achevait un processus d’embauche en vue de décrocher un emploi pour lequel on promettait un salaire de 100 000 dollars. Dans son récit, la nature du poste ne semblait pas importante, ah ! mais quelle paye !

Qu’est-ce qu’elle quittait pour s’envoler ainsi vers le nirvana salarial ? 

Un job à près de 90 000 $ dans une organisation parapublique et un régime de retraite à prestations déterminées. Ce n’est pas rien, c’est même beaucoup. De l’autre côté, elle va rejoindre une PME qui lui propose 100 000 $, plus un boni d’un maximum de 10 %, déterminé selon l’atteinte de certains objectifs et... un REER collectif. Bye bye régime de retraite ! 

Cette personne avait-elle une idée de la valeur de ce régime ? Pas vraiment ! Allait-elle épargner davantage pour compenser la perte du « fonds de pension » ? Ça reste à voir.  

Des régimes qui valent de l’or

Les régimes de retraite à prestations déterminées (PD) sont de plus en plus rares. On en trouve dans la fonction publique (fédérale, provinciale et municipale), dans le secteur parapublic, les universités, les banques et quelques autres grandes entreprises. Ils sont plus ou moins généreux, mais ils garantissent une rente à vie, contrairement aux régimes à cotisations déterminées (CD), plus répandus. 

Pour accoter ça, on estime généralement qu’un travailleur doit épargner à lui seul autour de 18 % de son salaire dans un REER. C’est très approximatif comme comparaison, car un régime PD vaut moins pour un jeune employé qu’un régime CD, et c’est l’inverse pour le travailleur expérimenté. 

L’individu dont je parle fait partie de la deuxième catégorie. Évidemment, je ne pouvais pas évaluer pour lui la place de son fonds de pension, cela nécessitait les paramètres du régime et l’avis d’un expert, ce qui nous faisait défaut autour du plateau d’ailes de poulet.  

La promesse d’une rente à vie, ça flashe beaucoup moins que le salaire dans les six chiffres. Pourtant, ça vaut de l’or, surtout pour les gens qui ont du mal à épargner. 

Aimer son travail

Le contexte actuel semble favorable au changement d’emploi. Le critère numéro un, c’est la qualité du poste et de l’organisation ainsi que les perspectives de développement et d’avancement.

Si vous êtes malheureux au boulot, vous ne devriez pas ignorer les débouchés qui se présentent à vous. Il y a certes des calculs à faire si la perte d’un régime de retraite fait partie de l’équation, surtout en fin de carrière. 

Pour revenir au cas abordé plus haut, la grande entreprise et la PME comportent chacun leurs avantages et leurs inconvénients. La grande est mieux structurée, mais plus bureaucratique. On y est globalement mieux rémunéré. Chez la seconde, la proximité entre le sommet et la base permet de se distinguer et de jouer un rôle plus déterminant. Les employés clés peuvent y être grassement payés.