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Triste à pleurer

Triste à pleurer
lemuana - Fotolia

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Quatrième secondaire, polyvalente Édouard-Montpetit, début des années 70, cette fille me chavirait, elle me faisait capoter. Elle était dans mon cours de dactylo. Elle était si belle, si distinguée et, en plus, elle avait l’attitude d’une femme alors que nous étions encore ados. J’en rêvais et ça paraissait.

Elle avait de la classe. Elle voyait bien que mes yeux roulaient dans la graisse de bines chaque fois qu’elle m’adressait la parole. Elle aurait pu me faire comprendre radicalement, brusquement, que je n’avais aucune chance, que je perdais mon temps, que je n’étais pas son genre... que je n’étais qu’un petit cul pas vraiment à la hauteur de ses attentes. Plus le temps avançait, plus je m’en approchais. Tantôt sur la route de l’école, à la cafétéria, au café étudiant, elle était souriante, toujours gentille. Juste assez pour que je nourrisse un espoir. Elle le savait très bien et elle ne voulait pas me faire de peine. 

J’AI COMPRIS

Un soir, après une activité parascolaire, nous nous sommes rencontrés à la sortie de la poly, côté rouge. Mon petit cœur débattait et nous avons marché ensemble vers la rue Duquesne, où elle habitait. Je lui ai dit que je voulais l’accompagner jusque chez elle. C’était un détour pour moi, mais je m’en foutais royalement. 

En avançant doucement, elle m’a fait une confidence qui m’a scié les jambes. Elle ne voulait pas de chum. Pas de garçon dans sa vie, du moins, pas pour un bon moment. Dans cette petite discussion, je jouais le gars qui comprenait très bien, mais, dans le fond, je n’entendais plus ce qu’elle me disait sachant que mon chien était mort et enterré.

Tanné de saigner du cœur, dans les semaines suivantes, je m’en suis éloigné, je ne la voyais que rarement. En réalité, son message avait passé. Et, un vendredi soir, lors d’une danse organisée à l’école, j’ai eu l’enclume sur la tête. Elle était assise avec un garçon beaucoup plus vieux, plus grand et plus beau que moi. Elle avait l’air heureuse et comblée. Quand elle m’a vu, elle m’a fait un petit bye-bye du bout des doigts qui voulait dire : « Tu comprends-tu ? »

La fille de mon cours de dactylo, c’était Gary Bettman. Moi, j’étais Québec. Le beau grand gars, c’était Las Vegas, Seattle ou d’autres éventuellement. Je n’avais aucune chance.

DANS LE TAS 

  • Il y a tellement de nouveaux, une bonne fois, le Canadien va nous arriver avec un chevreuil de Longueuil. 
  • « Entoucas, avec le froid qu’on a là, c’est pas le temps de relever ses manches... » (Un antivaccin) 
  • Nouveau légume dans les avions d’Air Canada : le piment du président. Avertissement, il brûle la langue. 
  • Vols pour le Sud, vous avez le choix : classe affaire, classe économique ou pas de classe. 
  • Nouvelle compagnie d’aviation : Air Fluenceur. Voyages aller seulement. 
  • Je n’ai pas perdu l’odorat, mais une chose est sûre, ça ne sent pas la Coupe. 
  • Demande pressante sur internet : « Urgent besoin. Si vous avez déjà joué au docteur, prière de communiquer avec le ministère de la Santé ». 
  • Nos routes sont tellement vieillottes, c’est nous qui avons ajouté le mot « bretelle » dans le langage de la circulation. 
  • Pis, comment ça file ? Fous-moi la paix avec la maudite file.  

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