/news/health
Navigation

Une pénurie qui date d’avant la pandémie

Coup d'oeil sur cet article

Plus de 20 000 Québécois sont sur une liste d’attente afin de consulter un psychologue en raison de la grave pénurie dans le réseau public.

• À lire aussi: Une autre victime collatérale des pensionnats autochtones

« C’est une problématique qui date d’avant la pandémie, explique la Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues. Mais depuis, la santé mentale de la population a été mise à mal. On a une sacrée côte à remonter. »

L’exode des psychologues vers le réseau privé s’est amorcé il y a plus de deux ans déjà. La raison ? Les salaires et les conditions de pratique. 

Selon un récent sondage de l’Ordre, les professionnels gagnent près de 30 % de plus au privé. 

Seulement le quart des diplômés choisissent de travailler pour l’État en raison des conditions désavantageuses, indique la Coalition des psychologues du réseau public québécois. Les listes d’attente varient donc de 6 à 24 mois en fonction des régions. Pendant ce temps, les problèmes de santé mentale s’aggravent. 

Difficile de se spécialiser

Pour ce qui est du cas de Keven Wabanonik, la Dre Béatrice Filion, vice-présidente de la Coalition, n’est pas surprise d’entendre qu’il n’aurait pas bénéficié d’une thérapie adaptée à ses besoins. 

Béatrice Filion - Psychologue
Photo courtoisie
Béatrice Filion - Psychologue

« Je ne connais pas ce cas particulier, mais c’est quelque chose que j’ai déjà entendu, admet-elle. On doit être mieux formés pour desservir ces populations-là. On doit faire mieux. En ce moment, on offre les services les plus généraux possible parce qu’on n’a pas les ressources pour offrir des services spécialisés. »

Le ministère a investi 25 M$ afin que les personnes sur la liste d’attente soient désormais prises en charge par le secteur privé, a confirmé le ministère de la Santé et des Services sociaux. En un peu plus d’an, le programme a permis de rediriger 1893 patients. 

Pour Christine Grou, l’initiative du gouvernement est un bon pas en avant, même si c’est loin d’être suffisant. Elle invite toutefois les gens à prendre soin de leur santé mentale en cultivant la bienveillance. 

« Je sais que c’est difficile dans le contexte, mais c’est primordial. Demeurons indulgents et tolérants avec les autres. » 

À voir aussi