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Difficile cohabitation des pêcheurs avec les baleines noires

Difficile cohabitation des pêcheurs avec les baleines noires
PHOTO COURTOISIE / Pêches et Océans Canada

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Les baleines noires de l’Atlantique menacées d’extinction ont connu l'an dernier leur meilleure saison de reproduction depuis 2016, mais cette bonne nouvelle n’en complique pas moins la cohabitation de ces mammifères marins avec les pêcheurs, notamment ceux des Îles-de-la-Madeleine. 

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De la mi-novembre 2020 à la mi-avril 2021, 20 naissances ont été répertoriées sur la côte sud-est des États-Unis, contre un total de 22 au cours des quatre saisons précédentes réunies. Cependant, avec le tiers de leur population d’environ 350 individus qui vient désormais se nourrir dans le golfe du Saint-Laurent de mai à décembre, sous l’effet des changements climatiques, la gestion des pêcheries donne du fil à retordre à l’industrie.

Le problème c’est que depuis le taux record de 17 mortalités chez les baleines en 2017, dont 12 en eaux canadiennes, les Américains ont resserré leurs mesures de protection des mammifères marins. Et, ils exigent des Canadiens qu’ils en fassent autant, à défaut de quoi ils perdront leur accès au marché des États-Unis, vers lequel ils exportent jusqu’aux deux tiers de leurs poissons et fruits de mer.

Difficile cohabitation des pêcheurs avec les baleines noires
PHOTO COURTOISIE / Corbo Inc.

«Les baleines sont là pour rester, admet le porte-parole des crabiers traditionnels des Îles-de-la-Madeleine, Paul Boudreau. Et ça va être de plus en plus difficile de maintenir la pêcherie en leur présence. Il faudra donc être capable de s’adapter.»

Pour limiter les interactions avec les baleines, Pêches et Océans Canada a successivement adopté une série de mesures, telle que l’ouverture hâtive de la saison de pêche au crabe avant leur arrivée dans le golfe et les fermetures de zones sitôt un signalement. Le ministère a aussi investi près de 25 millions $ en recherche et développement pour la mise au point de casiers sécuritaires et l’essai de cordages à faible maillage pour faciliter leur rupture en cas d’empêtrement.

La scientifique Lyne Morissette, dirigeante de M - Expertise Marine spécialisée en baleines et interactions avec les pêcheries, croit que Pêches et Océans doit également faire preuve de souplesse à l’égard des pêcheurs. «Parce que présentement, ce qu’on fait, ce sont des mesures de gestion pour protéger les baleines noires, qui vont dans la bonne direction et qui semblent être prometteuses, mais ce ne sont pas des mesures de coexistence avec les pêcheurs», souligne-t-elle.

Du côté du ministère, à Ottawa, on nous informe qu’il faudra patienter jusqu’en février pour savoir si de nouvelles mesures de gestion seront annoncées pour 2022, afin, notamment, d’éviter un embargo commercial. Cela dit, le ministère se déclare convaincu que ses mesures concernant les prises accessoires de mammifères marins sont déjà comparables en efficacité à celles de nos voisins du sud. «Le 26 novembre 2021, le Canada a soumis son rapport définitif et complet à la National Oceanic and Atmospheric Association (NOAA) pour démontrer que les mesures du Canada respectent ou surpassent les normes américaines», nous a-t-on dit par courriel. La NOAA publiera ses conclusions avant le 30 novembre 2022.

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