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La faute des autres

GEN-FRANCOIS-LEGAULT
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Le gouvernement Legault avait réussi, jusqu’à cette semaine, à préserver les apparences dans le combat contre le coronavirus.

Le premier ministre a pu maintenir sa popularité et celle du gouvernement malgré un bilan médiocre de sa gestion de la pandémie grâce à un plan de communication qui impute les fautes à d’autres acteurs de la société.

Les gouvernements précédents, les syndicats, les autorités locales d’institutions publiques ont servi, entre autres, de boucs émissaires.

Ces jours-ci, c’est aux non-vaccinés que M. Legault s’attaque pour faire oublier ses propres ratés.

La dernière semaine a été révélatrice sur l’état d’impréparation et d’improvisation du gouvernement face à la COVID-19.

Sous quelle influence le premier ministre agit-il ? Placerait-il l’économie au-dessus de la santé de ses concitoyens ? L’électoralisme contribue-t-il à la situation ubuesque dans laquelle le gouvernement caquiste nous entraîne ?

Derrière le front

Loin de se comporter comme Guillaume le Conquérant, en avant de son armée dans la bataille, le premier ministre bonimente et envoie au front les personnels de la santé, de l’éducation et des services de garde en prétendant s’appuyer sur la science et en demeurant dans son bunker.

Il se montre également empressé de répondre aux doléances des entreprises pour raccourcir les périodes d’isolement et accroître les risques pour
les travailleurs.

Il mobilise la population contre les non-vaccinés en ouvrant ainsi une boîte de Pandore sur qui pourra être soigné et en aura les moyens. La taxe vaccination génère plus de problèmes qu’elle n’en réglerait.

Comme si ce n’était pas assez dans l’électoralisme, le ministre des Finances est entraîné dans une rencontre avec les autorités de la LNH pour un retour des Nordiques à Québec. Un rendez-vous dont il était facile de prévoir qu’il serait sans résultat !

Il est loisible de croire que la manœuvre avait surtout pour but de détourner l’attention de la population face à l’incurie gouvernementale. On peut douter que toutes les décisions se prennent sur des bases scientifiques.

Dans cette veine, le remplaçant du Dr Arruda n’a pas réussi son premier test de crédibilité en se pliant aux exigences du premier ministre pour la réouverture des écoles.

Conséquences du néolibéralisme

On pourrait cependant prendre au sérieux le premier ministre s’il transportait son cabinet dans les milieux à risque dans lesquels il souhaite un retour précipité des travailleurs.

La fragilité de notre système de santé ne résulte pas uniquement du gouvernement Legault. Elle est la conséquence d’un désengagement de l’État qui dure depuis 40 ans.

Le fardeau fiscal a été renversé sur les particuliers et les entreprises sont de plus en plus nombreuses à fuir les impôts. Ainsi, l’État dispose de moins en moins de moyens pour répondre aux attentes de la population.

Le système ne changera pas maintenant, mais après la pandémie, nous aurons intérêt à savoir quelle société nous voulons.

Quant aux non-vaccinés, même si vous n’êtes pas entièrement responsables de la catastrophe, allez quérir vos doses pour l’endiguer !

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