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Vivre avec le virus, ce sera difficile pour nos hôpitaux

Le manque de lits et de personnel pèse fort sur le système, selon des intensivistes

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Photo d’archives Les soins intensifs sont encore plus engorgés par les cas de COVID-19 de la cinquième vague qu’à la même période en 2021, comme ici lors d’une intervention en début d’année dernière à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

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Avec 164 morts en deux jours et les hôpitaux qui affichent un nombre record de patients hospitalisés aux soins intensifs, ce n’est pas demain que le personnel hospitalier pourra reprendre son souffle même si le Québec retourne vers une vie plus normale demain avec la réouverture des écoles.

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« Malgré le délestage, il y a encore des régions où les hôpitaux sont quand même pleins à craquer en ce moment », soulignait hier Judy Morris, présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec. 

Cette semaine, le gouvernement a averti la population qu’on atteindrait le pic de la 5e vague en termes d’hospitalisations, si bien que la fin de semaine serait loin d’être facile pour le personnel de la santé. 

Il n’y a effectivement jamais eu autant de patient hospitalisés chez nous depuis le début de la pandémie. Malgré tout, le Québec acceptera de vivre un peu plus avec le virus en rouvrant les écoles dès demain. 

Néanmoins, cela ne veut pas dire que tout sera rose après, estiment des intensivistes qui s’attendent encore à plusieurs semaines occupées. Car si les hospitalisations ne montent plus aussi vite, « elles montent encore », poursuit la Dre Morris.  

« On est inquiet dans tout le réseau. Ce sera vraiment important de suivre les chiffres des prochaines semaines pour voir de quel côté on s’en va vraiment. Verrons-nous une remontée de cas de travailleurs malades avec les écoles qui rouvrent ? » questionne-t-elle. 

Manque de lits 

C’est surtout le manque de personnel et le manque de lits « qui font mal en ce moment dans le système », estime le Dr Germain Poirier, chef des soins intensifs de l’Hôpital Charles LeMoyne et président de la société des intensivistes du Québec. 

Si la situation sur le terrain lui semble plutôt stable – mais précaire –, il croit que la réouverture des écoles est tout de même réaliste, mais qu’il faudrait réajuster les procédures face à l’Omicron, plus contagieux, mais beaucoup moins virulent.

Peut-être faudra-t-il accepter un certain risque pour désengorger le système, explique-t-il, en retournant des patients positifs, mais qui n’ont plus besoin de soins. 

« Si on ne change pas les règles, les hôpitaux vont continuer à être embourbés, croit-il. Juste ça, ça ferait en sorte qu’on aurait beaucoup plus de lits dans les hôpitaux pour diminuer le délestage. »

Rattraper les retards 

Une fois la tempête en arrière, il faudra rattraper les retards liés au délestage, qui ajoutera un poids sur le système de santé de demain, insiste le Dr Michel De Marchie, intensiviste à l’Hôpital juif de Montréal. 

Surtout que dans certains cas, comme pour les patients atteints d’un cancer, le temps avant le traitement joue un rôle décisif et peut faire la différence entre une chirurgie assez simple et une chirurgie difficile. « Le stress parmi le personnel hospitalier est présent, constant. [...] C’est un travail additionnel et cumulatif », soupire-t-il. 

À son avis, l’accalmie ne viendra pas avant l’été pour le personnel soignant. 


La province déplorait 96 nouveaux décès samedi, un sommet en 20 mois.

Autant de morts que l’an dernier  

8 AU 14 JANVIER 2022  

  • 61 521 cas et 372 décès    

CAS À LA MÊME PÉRIODE EN 2021  

  • 14 178 cas et 371 décès    

LE PIC DE L'ANNÉE  

2022 (14 JANVIER)  

  • 3195 hospitalisations  
  • 275 aux soins intensifs    

2021  

  • 1525 hospitalisations (13 janv.)  
  • 230 aux soins intensifs (14 janv.)    

2020 (12 MAI)  

  • 1866 hospitalisations (12 mai)  
  • 227 aux soins intensifs (23 avril)    

Sources INSPQ et données quotidiennes du ministère de la Santé

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