/news/coronavirus
Navigation

Décès en CHSLD: «Ce n’était pas une situation inévitable», plaide un avocat de victimes

Coup d'oeil sur cet article

L’ampleur de la première vague de COVID-19 au Québec était certes «sans précédent», mais elle n’était pas «imprévisible» comme l’ont pourtant laissé entendre plusieurs acteurs importants du système de la santé.

• À lire aussi: Décès en CHSLD: la coroner Kamel exaspérée par le peu de réponses des témoins

• À lire aussi: Enquête de la coroner: Marguerite Blais contredit Arruda et McCann

C’est ce qu’a plaidé l’avocat de six familles de victimes de la COVID-19 décédés en CHSLD au printemps 2020, Me Patrick Martin-Ménard, à l’enquête publique de la coroner Géhane Kamel sur cette tragédie.

Après avoir entendu son dernier témoin en avant-midi, après près d’un an d’audiences, la coroner est maintenant passée à l’étape des représentations où des avocats de familles, de syndicats et d’établissements viendront rendre compte de leurs conclusions et de leurs recommandations.

Premier en liste, Me Martin-Ménard a brossé le portrait de la situation au Québec dans les premiers mois suivant l’identification du coronavirus en Chine, de janvier à début mars, une période qu’il qualifie de «trou noir».

«La preuve dans son ensemble tend à prouver qu’il y a très peu de choses de faites. On perd là de précieuses semaines», a-t-il affirmé.

«Wake-up call»

Lors de leurs témoignages, l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, et l’ancien directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, avaient pourtant affirmé avoir eu dès janvier des soupçons à l’effet que la COVID-19 représentait un risque particulier pour les personnes âgées.

Or, comme la démontré la Protectrice du citoyen dans un rapport accablant déposé en novembre dernier, aucune mesure spécifique aux CHSLD n’a été prise avant la mi-mars.

«Le véritable "wake up call" du gouvernement, par rapport à la pandémie, est venu avec la présentation de scénarios catastrophes par l’INSPQ (Institut national de la santé publique), vers le 9 mars 2020. C’est là qu’on prend finalement compte de l’ampleur de la menace pour le Québec et qu’on se met en mode gestion de crise. Malheureusement, à ce moment-là, il est beaucoup trop tard», a fait valoir Me Martin-Ménard.

Québec avait un plan

Québec pourtant disposait d’un plan censé guider la réponse des autorités à la menace d’un virus : le plan québécois de lutte à une pandémie d’influenza, élaboré en 2006.

«On avait les outils pour éviter de se retrouver dans cette situation-là. On avait le temps, et on avait le plan. Le fait qu’on ne l’a pas fait démontre une lacune importante au niveau de notre système de santé», a déploré Me Martin Ménard.

La réponse des autorités, début mars, s’est donc traduite par des actions «draconiennes» et «improvisées», comme l’exclusion des proches aidants des CHSLD, dans l’espoir de rattraper le temps perdu.

«C’est la chose la plus abominable de toute cette histoire. On l’a fait sans vraiment considérer l’impact que ça aurait sur ces personnes. Ç’aurait été quelque chose d’évitable si on s’y était pris différemment», a-t-il ensuite tranché.

À voir aussi

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.