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Fonds publics dans le baseball: pas question!

Bloc Stade, baseball
Photo d'archives, Pierre Durocher

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En 2004, après 35 ans, les Expos ont plié bagage. Le baseball n’était plus viable à Montréal. L’est-il redevenu aujourd’hui ? 

À part pour le Canadien, l’historique du sport professionnel au Québec n’est pas glorieux. Les Expos sont partis. Les Nordiques, déménagés au Colorado. Les Alouettes, déficitaires pendant longtemps, ont été remis un temps à la ligue par les Wetenhall, faute de repreneurs. Qu’adviendrait-il du CF Montréal sans Joey Saputo ?

Il n’est donc pas surprenant que les promoteurs du baseball, inquiets de la rentabilité, sollicitent des fonds publics pour la construction du stade. Une demande qui s’établirait à jusqu’à 300 M$ de dollars pour un stade de 560 M$.

Drôle de calcul

M. Legault a entrouvert la porte si le tout se fait à coût nul pour l’État. Les taxes et impôts générés par le projet seraient reversés à celui-ci. Voilà une façon bien spéciale de calculer que la venue du baseball ne nous coûterait rien...

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a un discours très différent : le baseball est bienvenu, mais il doit s’autofinancer. Elle affirme ainsi la position de beaucoup de Québécois. 

En effet, pourquoi subventionner des promoteurs milliardaires et des joueurs millionnaires ? 

Pénurie de main-d’œuvre

Actuellement, l’économie du Québec est florissante. On ne manque pas d’emplois mais de travailleurs. Il y a 235 000 postes à combler. Plusieurs secteurs sont en pénurie de main-d’œuvre à commencer par celui de la construction. Le gouvernement peut se permettre d’être sélectif dans les projets qu’il appuie. Celui-ci doit privilégier des secteurs stratégiques pour notre société. Le baseball n’en est pas un ! 

Il y a aussi bien d’autres façons de développer le bassin Peel !

Capacité d’attraction

Certains invoqueront la renommée qu’une équipe de sport professionnel amène à une ville. Une sorte de marketing gratuit. Mais a-t-on déjà eu l’envie pressante de visiter Pittsburgh ou Milwaukee à force d’entendre les noms des Pirates ou des Brewers ? Un club de baseball, ce n’est pas le Louvre comme capacité d’attraction !

M. Legault nous dit souvent, avec raison, qu’il faut écouter la science. Les nombreuses études d’experts démontrent qu’il est à peu près impossible de prouver que les organisations sportives et leurs stades ont un impact économique réel sur leur environnement. Une des raisons : cet argent serait dépensé pour d’autres types de loisirs.

Une demi-équipe

Sans oublier ceci : il s’agit d’une participation minoritaire pour un demi-club avec des décisions prises à Tampa Bay. Quel serait notre pouvoir de négociation une fois le stade construit ? On se retrouverait avec la possibilité de chantages constants de la part du club.

On est d’ailleurs loin de la coupe aux lèvres au regard d’une garde partagée. Les autorités de la ligue n’ont pas encore approuvé cette formule. De plus, les joueurs voudront sûrement être dédommagés pour les inconvénients liés au fait de se partager entre deux villes : coûts de logement, emploi de la conjointe, enfants à l’école, taxes et impôts plus élevés au Québec, etc.

Nous avons déjà un stade à Montréal. Il faut, de toute façon, y investir 500 M$ pour éviter qu’il ne devienne une ruine des temps modernes. Certains diront qu’il ne convient qu’à moitié au baseball.

À demi-équipe, demi-stade ! 

Bloc Stade, baseball
Photo courtoisie

Guy Gagné
Gestionnaire retraité du secteur de l’éducation

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