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Nickel dans l’air: Québec écoute la science, dit le ministre de l’Environnement

Charette est toutefois contredit par deux spécialistes

Nickel dans l’air: Québec écoute la science, dit le ministre de l’Environnement
Photo d'archives, AGENCE QMI

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Afin d’apaiser les inquiétudes des citoyens de Limoilou, le ministre de l’Environnement assure s’en remettre à la science et à la Santé publique pour permettre bientôt d’augmenter sensiblement le seuil d’émission de nickel dans l’air.

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« On a voulu bien faire les choses et on s’en est remis aux scientifiques et aux spécialistes qui, aujourd’hui, nous disent que de façon très sécuritaire on peut revoir cette norme », a plaidé le ministre Benoit Charette, mardi.

En déposant ce règlement le 16 décembre, Québec veut permettre à l’industrie minière de quintupler – de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube – la norme quotidienne d’émission de nickel dans l’air.

« Les normes du Québec s’avéraient contraires à l’esprit de plusieurs autres à l’international », a dit le ministre en donnant l’exemple de l’Ontario et de l’Europe.  

Pour le gouvernement Legault, le nickel est « une composante clé pour l’électrification des transports » et pour sa stratégie de développement de la filière de batteries pour véhicules électriques.

Mardi, la Direction de santé publique (DSP) du CIUSSS de la Capitale-Nationale a fait savoir que le directeur André Dontigny se prononcera sur cet enjeu, le 3 février, lors du comité plénier de la Ville de Québec. 

Dans un rapport daté de février 2021, la DSP disait « accepter les valeurs révisées » tout en recommandant la mise en place de « mesures pour éliminer tout dépassement de la future norme sur 24 heures ». 

Nickel dans l’air: Québec écoute la science, dit le ministre de l’Environnement
Photo Stevens LeBlanc

Des contradictions

Interrogé par Le Journal, l’expert Slavko Sebez a déploré « les contradictions » du gouvernement du Québec, lequel « sème la confusion en jouant avec les normes sans donner de bonnes explications à la population ». 

Détenteur d’une maîtrise en santé communautaire, M. Sebez est expert-conseil en santé environnementale. Il a travaillé pendant 15 ans à la DSP avant de prendre sa retraite en 2015.

« C’est un peu ridicule que le gouvernement change pour la troisième fois, en un court laps de temps, la norme pour le nickel. La norme proposée actuellement est moins sévère que la norme initiale posée il y a 10 ans. Il y a beaucoup de contradictions », a-t-il regretté. 

Professeure à l’Université Laval, Chantal Pouliot a consacré un ouvrage à la récente lutte des citoyens du quartier Limoilou contre la poussière rouge.

Affirmant que le secteur Limoilou est « considéré comme une zone sacrificielle », elle a soutenu que « rien ne justifie la décision de dégrader davantage la qualité de l’air dans les quartiers centraux de la ville ».

D’autre part, Sylvain Gaudreault, porte-parole péquiste en matière d’Environnement, a estimé que le ministre Charette devrait appliquer « le principe de précaution » dans ce dossier et revenir sur sa décision de modifier la norme.

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