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Les JO de Pékin risquent de servir «d’exercice de propagande», juge Amnesty International

Les JO de Pékin risquent de servir «d’exercice de propagande», juge Amnesty International
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

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La communauté internationale ne doit pas laisser la Chine utiliser les Jeux olympiques 2022 de Pékin (4-20 fév) pour détourner l’attention de ses violations des droits humains, a averti mercredi l’ONG Amnesty International. 

«Il ne faut pas laisser les Jeux olympiques d’hiver de Pékin représenter une simple opportunité pour les autorités chinoises de se blanchir (de leurs violations) grâce au sport et la communauté internationale ne doit pas devenir complice d’un exercice de propagande», a écrit Alkan Akad, spécialiste de la Chine pour Amnesty.

«Le monde doit tirer les leçons des Jeux (d’été) de Pékin 2008 où les promesses de progrès en matière des droits humains ne se sont jamais concrétisées», a-t-il ajouté.

L’ONG redoute que les Jeux n’éclipsent les accusations de violations des droits humains contre la minorité musulmane des Ouïgours et à Hong-kong, estimant même que la situation dans le pays est encore pire qu’en 2008.

M. Akad appelle le Comité international olympique (CIO) à «tenir sa promesse de protéger le droit des sportifs à exprimer leur opinion et surtout à ne pas se rendre complice d’une quelconque violation des droits des athlètes».

Les États-Unis, l’Australie, le Canada et la Grande-Bretagne ont annoncé qu’ils n’enverront pas de représentants officiels à Pékin, citant «le génocide en cours et des crimes contre l’humanité dans le Xinjiang et d’autres violations des droits humains» parmi les raisons de cette décision.

Les sportifs de ces pays seront en revanches bien en lice à partir du 4 février.

Amnesty a aussi critiqué la gestion par le CIO du cas de la joueuse de tennis Peng Shuai. 

En novembre dernier, dans un message publié sur le réseau social chinois Weibo, rapidement effacé par la censure chinoise, l’ancienne championne de Wimbledon et de Roland-Garros en double avait évoqué un rapport sexuel «forcé» avec un homme occupant de hautes fonctions au sein du régime communiste.

L’ex N.1 mondiale du double n’avait ensuite plus fait d’apparition en public durant plusieurs semaines, suscitant l’émoi du monde du sport, de l’ONU et de plusieurs pays dont les États-Unis et la France.

Le CIO avait indiqué avoir parlé à la joueuse lors d’appels en vidéo, mais Amnesty lui reproche d’avoir pris pour argent comptant les assurances chinoises «sans chercher à établir solidement si elle était limitée dans sa liberté d’expression ou de mouvement, ou dans son droit à une vie privée».

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