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Notre système de santé menace notre économie

Doctor with cancer patient
Photo Adobe Stock Les problèmes de notre système de santé deviennent-ils une menace à notre économie ?

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Depuis vingt ans, j’ai décroché concernant la capacité du système de santé dans sa forme actuelle à répondre aux besoins de la population. Je ne crois ni aux réformes de structure ni aux réformettes. Les bases de ce système (monopole, bureaucratie, domination du syndicalisme) condamnent les patients à attendre.

La pandémie a fait ressortir davantage les faiblesses de notre système de soins. Le délestage représente le prix que payent les patients pour cette fragilité. Déjà, avant la pandémie, c’est par milliers que les patients se retrouvaient en attente pour des chirurgies. Et à certaines époques, une forte proportion dépassait les délais médicalement recommandés.

Un nouvel argument s’ajoute aujourd’hui concernant l’urgence de revoir le fonctionnement de la santé au Québec et au Canada. L’argument économique. L’économiste et stratège en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion, vient de publier une note d’analyse dans laquelle il désigne les capacités inadéquates de notre système de santé comme une menace à la croissance économique du Québec.

Déficiences

L’économiste reproche au système de santé son inefficacité générale, mais aussi des failles précises comme le faible nombre de lits par 100 000 habitants. À l’instar de bien d’autres, il se désole de l’absence de robustesse du réseau lorsque survient un afflux de patients.  

Dans une entrevue aux Affaires, il décrit même notre piètre système de santé comme un potentiel « obstacle structurel » à la croissance économique. L’intervention de Marion arrive au moment où nous espérons un passage prochain du mode pandémique au mode endémique.  

Or même un virus dit endémique peut mettre une pression sur les soins de santé. Sans créer de vagues hors contrôle comme en pandémie, il générera à certains moments une demande supplémentaire de services.  

L’impression, à ce jour, c’est que notre système de santé pourrait difficilement gérer cette pression sans passer en mode péril. D’ailleurs, le mois de janvier provoquait une crise à peu près chaque année dans les urgences du Québec depuis belle lurette. Même avant la fuite du personnel des deux dernières années.

Population résignée ?

Ce que je remarque en discutant de la santé pendant cette pandémie, c’est à quel point la population est peu consciente de la profondeur des problèmes qui affligent la santé. Probablement intoxiquée aux déclarations creuses sur le supposé meilleur système au monde.

Le Québécois moyen est tout à fait habitué à pester contre l’attente et à déplorer les failles du réseau. Mais au fond de lui-même, il porte l’illusion que c’est peut-être un des meilleurs systèmes au monde, que ses assises sont bonnes et qu’une toute petite rénovation pourrait tout arranger. On s’imagine qu’un bon ministre dans un bon gouvernement pourrait donner le coup de baguette magique nécessaire.

Cela n’arrivera pas. Quelqu’un devra avoir le courage de repenser les bases du système. Peut-être qu’un économiste qui parle maintenant d’une menace à notre économie aura une voix plus forte que des patients qui attendent.

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