/misc
Navigation

Débâcle démocrate

Débâcle démocrate
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Joe Biden se livre à l’exercice de la conférence de presse avec parcimonie. Si son prédécesseur abusait des réseaux sociaux, l’actuel président est plutôt discret et ne s’expose qu’en cas d’absolue nécessité.

En fin de journée mercredi, Joe Biden tentait de défendre le bilan d’une première année difficile. Si la virulence d’Omicron ou le contexte international ne l’ont guère favorisé, il ne pouvait continuellement s’en remettre au caractère imprévisible de certains indicateurs pour justifier une année décevante.

S’il reconnaît que le début de son mandat a été ponctué de très nombreux défis, Joe Biden affirme du même souffle que le pays a progressé. L’affirmation pourrait susciter de nombreux débats et le président n’a pas complètement tort, mais ses concitoyens ne partagent pas son avis.

Depuis le chaos entourant le début du retrait des troupes américaines en Afghanistan, la cote de popularité du 46e président ne cesse de plonger. Si le taux d’approbation avait atteint un sommet de 61% en janvier 2021, un sondage AP/NORC montre bien à quel point l’administration démocrate connaît des heures sombres et à quel point le président lui-même déçoit beaucoup.

Parmi les données les plus inquiétantes pour le président et ses conseillers, on relève que 70% des répondants espèrent que Joe Biden ne tentera pas de se faire réélire en 2024. Même en isolant les démocrates, ils ne sont que 48% à souhaiter un deuxième mandat pour leur meneur.

D’autres présidents, républicains comme démocrates, ont connu un départ difficile, et certains d’entre eux – pensons à Bill Clinton – ont redressé la barre ou profité d’un contexte plus favorable. Après tout, l’économie va mieux et on peut imaginer une embellie pour l’administration lorsque la cinquième vague de la COVID sera chose du passé. 

  • Écoutez la chronique de Luc Laliberté à QUB radio:  

Ce qui complique les choses est que Biden atteint des sommets d’impopularité alors que les élections de mi-mandat se profilent à l’horizon. Les démocrates de la Chambre et du Sénat qui espèrent une réélection auraient assurément préféré que le président soit une locomotive pour se ranger derrière un bilan favorable. 

Non seulement Biden est-il impopulaire à un bien mauvais moment, mais ses projets les plus ambitieux viennent de «frapper le mur». Qu’il porte son regard vers son plan d’investissements ou vers les deux lois qui pourraient garantir la protection des droits civiques des minorités, le président peine à y percevoir une lueur d’espoir.

Pour couronner le tout, ces camouflets lui sont infligés par l’obstruction de deux sénateurs démocrates. Après avoir répété ad nauseam que son administration et lui seraient prêts dès le premier jour de son mandat, une promesse incarnée par le slogan «We’ll hit the ground running», Joe Biden peine à obtenir le soutien de ses concitoyens, même s’il lance en conférence de presse que ses promesses de campagne n’étaient pas trop ambitieuses.

En ce 20 janvier 2022, il semble de plus en plus évident que Biden sera le président d’un seul mandat. Pendant la campagne présidentielle, il avait lui-même laissé entendre qu’il pourrait n'être qu’un président de transition. 

Que le 46e président ne soit en poste que pour quatre ans surprendrait peu d’observateurs; ce qui devrait préoccuper les stratèges, ce sont les conséquences de la présidence Biden pour son successeur. Vous croyez que les Kamala Harris et Pete Buttigieg s’imaginent mener une campagne présidentielle en 2024 en étant associés d’aussi près à une présidence impopulaire? 

Bien des choses peuvent survenir d’ici là, mais soyez assurés que ça grenouille dans les coulisses du Parti démocrate.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.