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Mercredi à 21h : Ici Porno-Canada...

Sans rendez-vous
Photo courtoisie, Karl Jessy Sans rendez-vous

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Il y a des limites qu’aucune chaîne de télévision généraliste ne devrait dépasser.

Encore moins lorsqu’il s’agit d’une chaîne publique comme Radio-Canada. Malgré cela, son réseau français ne cesse de franchir les limites du bon goût. Jamais la direction du réseau anglais ne diffuserait des émissions comme Sans rendez-vous ou comme Les mecs

Si la CBC se montrait aussi permissive, les Canadiens anglophones monteraient au créneau et Erin O’Toole ne tarderait pas à réclamer la démission de Catherine Tait, l’ultime responsable. Après tout, c’est sur le bureau de la PDG que « the buck stops here » (la responsabilité s’arrête ici), selon l’expression célèbre de l’ancien président américain Harry Truman.

Le plus désolant, c’est que l’auditoire francophone ne semble pas se formaliser de ces émissions. Mais cela ne change rien à la responsabilité du diffuseur. Quoi qu’il en soit, Radio-Canada n’a jamais fait grand cas des protestations de ses téléspectateurs. 

Les responsables des dramatiques du réseau français considèrent que des émissions comme Sans rendez-vous et Les mecs sont un bel exemple de la liberté qu’ils laissent aux créateurs. Ces émissions sont aussi pour eux un moyen de faire évoluer la société et d’y éliminer les derniers tabous. Ce qui ne les empêche pas de favoriser des émissions créant d’autres tabous, ceux-là issus de la bien-pensance actuelle.

SUIS-JE À PORNHUB ?

Certaines scènes de Sans rendez-vous m’ont littéralement laissé bouche bée. Étais-je à Radio-Canada ou à Pornhub quand j’ai aperçu une jeune femme, affublée d’un « combo » composé d’un harnais et d’un dildo, entendant satisfaire le fantasme de son jeune conjoint ? Ne lui avait-il pas confié dans un restaurant bondé qu’il rêvait de se faire enculer ? Romantique tout de même !

Je ne dis rien de Maude, qui glisse sur le corps nu de Sarah et qui s’indigne tout à coup qu’elle pense à autre chose « pendant qu’elle la mange » ! Ne reculant devant rien pour faire évoluer son auditoire (et gonfler ses cotes d’écoute), Radio-Canada a fait adapter Sans rendez-vous à partir de Sexy Herpes, six capsules que la chaîne australienne Nine Network avait eu, elle, l’intelligence de confiner au web.

Lors des premiers épisodes, j’ai écrit tout le mal que je pensais de la série Les mecs. Mais quels quinquagénaires fréquentent donc l’auteur Jacques Davidts (Les Parent) et ses complices d’écriture ? Où ont-ils donc rencontré des mecs aussi paumés, aussi obsédés sexuellement et aussi mal engueulés que Mike Ward en spectacle ? Quelle honte que Radio-Canada ne sache mieux exploiter Jacques Davidts, un auteur aussi doué que Sacha Guitry pour les dialogues ?

LE « PÉTAGE DE COCHE » DU PROF

Je n’entends surtout pas comparer ces déplorables mecs aux personnages de la nouvelle série Le bonheur, diffusée à TVA, que je n’ai pas encore assez vus. Je veux tout de même revenir sur le « pétage de coche » du prof François Plante. On en a beaucoup parlé et son accès de colère fera sans doute époque.

N’en déplaise à François Avard, l’auteur principal de la série, Michel Charrette avait tout le talent qu’il faut pour rendre aussi percutant et mémorable son fameux « pétage de coche » sans un seul sacre. 

Hélas ! sacres et jurons sont devenus la façon courante de parler des personnages des séries de télévision québécoises. Nos auteurs sont-ils si dépourvus, souffrent-ils d’une si grande indigence verbale qu’ils ne peuvent désormais exprimer l’irritation, la colère et l’indignation ou, pire encore, la joie ou la beauté des choses autrement que par des sacres et des jurons ?

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