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Restaurants: de l’aide tout de suite, pas dans douze mois

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Des restaurateurs réclament une aide financière immédiate du gouvernement québécois après une troisième fermeture forcée en deux ans. Il y va de leur survie, disent certains.

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«C’est maintenant que je suis fermé, c’est maintenant que je ne suis pas capable de payer mon loyer et c’est maintenant que j’ai besoin d’aide», s’inquiète Martin Guimond, propriétaire de la brasserie artisanale Le Saint-Bock, à Montréal.

Martin Guimond, propriétaire de la brasserie artisanale Le Saint-Bock
Photo Ben Pelosse
Martin Guimond, propriétaire de la brasserie artisanale Le Saint-Bock

Même si ce dernier a reçu toute l’aide rendue disponible par Québec pour dédommager les restaurateurs pour les vagues précédentes du virus, la fermeture actuelle imposée à l’industrie a mis une pression «extrêmement difficile» sur sa situation financière. Il estime avoir subi des pertes de 25 000$ depuis la fin décembre.

«J’ai déjà presque utilisé l’ensemble des économies que j’avais dans ma vie, fait savoir M. Guimond. Je vais être capable de payer mon prochain loyer avec les dernières cennes. Après, il faut que je vende mon char.»

Or ce soutien tant espéré du gouvernement du Québec n’arrivera pas tout de suite. L’organisme PME MTL, qui s’occupe de gérer localement la réouverture du programme d’aide, soit le PAUPME-AERAM, ne commencera que «dans les prochains jours» à prendre les demandes, nous a-t-on indiqué.     

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«Ils se plaignent tous»

L’expérience passée de M. Guimond avec ce programme n’a rien pour le rassurer, car il avait dû attendre environ un an avant de pouvoir encaisser l’argent. Le gouvernement aurait dû, selon lui, accélérer le processus depuis les autres fermetures.

Photo Ben Pelosse

Peter Sergakis, président de l’Union des tenanciers de bars du Québec, abonde dans le même sens.

«Beaucoup de monde nous appelle et ils se plaignent tous parce qu’ils veulent l’aide tout de suite, dénonce-t-il. Les restaurants et les bars n’ont pas de réserves. Les profits sont très minces et parfois inexistants.»

En plus des délais, il y a aussi la complexité du processus de demande, qui est décriée par plusieurs restaurateurs.

«C’est d’une ampleur phénoménale, faire cette demande-là, explique Marie Line Elissalde Caron, la comptable qui s’occupe de M. Guimond et de plusieurs autres restaurateurs. Elle dit devoir produire environ un pouce de paperasse pour chaque demande.

«Il faudrait qu’ils simplifient la façon de faire, car il faut les aider maintenant», pense également Pedro Médina, président-fondateur des restaurants L’Œufrier.

Contacté par Le Journal, le ministère de l’Économie et de l’Innovation a dit travailler «en continu avec ses partenaires pour optimiser le traitement des demandes».

Ça ne passe plus

Mais l’aide financière n'est qu'un «pansement» permettant aux restaurateurs de «rester au bord du gouffre», selon M. Médina, pour qui la fermeture ne passe tout simplement plus.

«Tu ne peux pas fermer des entreprises 12 mois sur 22, dénonce-t-il. S’ils veulent mettre une croix sur l’industrie, eh bien, qu’ils le disent et on va faire d’autre chose dans notre vie.»

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