/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Écoutons le cri d'alarme des artistes

Écoutons le cri d'alarme des artistes
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Au moment d’écrire cette chronique, on ne connaît pas encore les causes exactes de la mort de Karim Ouellet. Mais ce qu’on sait, c’est qu’il vivait « reclus » depuis le début de la pandémie, comme le racontait hier Cédric Bélanger.

Combien de Karim y a-t-il en ce moment au Québec ? Combien d’artistes de toutes les disciplines vivent une détresse profonde parce qu’ils ne peuvent plus exercer leur art ?

LE MAL DE VIVRE

Hier, des représentants des arts de la scène (théâtre, danse, musique, et même marionnettistes) ont fait paraître une lettre ouverte qui sonne comme un cri du cœur.

« Les individus sont en situation d’épuisement et le milieu subit de grands dommages qui vont jusqu’à l’exode du milieu culturel vers d’autres secteurs d’activité et la détresse psychologique. »

On sait déjà qu’au Québec les créateurs vivent pauvrement, d’un contrat à l’autre, trop souvent à peine au-dessus du seuil de pauvreté.

Mais comment voulez-vous payer votre loyer quand votre pièce de théâtre, votre spectacle, est annulée, puis reportée, puis remis à l’horaire, puis annulée à 48 heures d’avis ?

Comment planifier un budget, comment élever une famille ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Quand la pandémie sera derrière nous, combien d’artistes et de créateurs restera-t-il, quelle sera l’ampleur de l’hécatombe ? Combien de danseurs se seront reconvertis en préposés aux bénéficiaires, combien de musiciens seront devenus agents d’immeuble, combien de comédiens seront devenus électriciens ou déménageurs ?

Mesure-t-on l’impact que cette pandémie va avoir à moyen et long terme sur notre culture ?

Combien d’œuvres marquantes ne verront jamais le jour parce que les créateurs auront quitté le milieu pour aller voir ailleurs ?

Combien de futurs Xavier Dolan, de futurs Claude Meunier, de futures Anne Dorval ne verront jamais le jour ?

Combien de jeunes vont avoir envie de se lancer dans une carrière artistique, en sachant à quelle précarité ils se préparent ?

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:

Toujours dans leur lettre ouverte, les regroupements d’arts de la scène soulèvent un point important : « Avec les nombreux reports qui se sont succédé, les calendriers de programmation débordent jusqu’en 2024, et cela, sans la perspective d’un nouveau confinement. »

Des spectacles qui devaient être présentés au cours des derniers mois sont remis aux calendes grecques, sans même qu’on sache s’ils pourront vraiment être présentés. Cette incertitude est angoissante.

Mais surtout, ce qui bouleverse le milieu, c’est cet isolement.

Ils ont passé des mois et des années à peaufiner leur œuvre et quand vient le temps d’entrer en contact avec leur public, la porte se referme. C’est une claque en pleine face.

Pensez à Ken Scott et toute l’équipe d’Au revoir le bonheur dont le film a pris l’affiche quelques jours seulement avant que les cinémas ferment leurs portes.

Le même sort qui avait été réservé à La déesse des mouches à feu lors de la première vague.

J’ai fait plusieurs entrevues à QUB radio avec Serge Postigo qui triomphe à Paris avec la comédie musicale Les Producteurs. Ça ne vous fait pas un immense pincement au cœur de penser que si Serge était resté au Québec, il serait chez lui en train de déprimer en regardant les conférences de presse du gouvernement ?

SOS CULTURE

Nos créateurs nous font du bien à l’âme. Mais eux, qui prend soin de leur âme ?

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.