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Joe Biden établit un record

Le président américain Joe Biden répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse dans la salle Est de la Maison-Blanche, le 19 janvier 2022, à Washington, DC.
AFP Le président américain Joe Biden répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse dans la salle Est de la Maison-Blanche, le 19 janvier 2022, à Washington, DC.

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Occupé à préparer une intervention sur ce sujet pour le bulletin télévisé de Québec, je m’étais détourné de la fin de la conférence de presse du président Biden. Si, dans mon court bilan de sa première année à la présidence, je déplorais le faible nombre de conférences de presse qu’il a accordées depuis son entrée en fonction, on peut affirmer que, mercredi, il a été généreux de son temps.

Généreux? Assez pour établir le record de la plus longue conférence de presse! Pendant cet exercice qui s’est prolongé sur presque deux heures, il a répondu à 187 questions. Le président était-il particulièrement en forme? Avait-il soudainement développé une passion immodérée pour les échanges avec les représentants des médias? Non, Joe Biden avait besoin de cette conférence de presse.

Tout d’abord, on soulignait mercredi le premier anniversaire d’une présidence difficile. L’heure était au bilan et Joe Biden consulte les mêmes sondages que nous. De plus, la crise sanitaire et une possible invasion de la Russie en Ukraine constituaient également de bons prétextes pour prendre la parole.

Probablement plus encore que les motifs évoqués ci-dessus, le président lit et entend les critiques de ses adversaires, et parfois de ses alliés, sur sa forme, aussi bien ses facultés cognitives que sa forme physique. Mercredi, il semblait s’amuser, souriant régulièrement et défiant les journalistes à quelques reprises. L’air de dire: «Vous en voulez encore?» ou «Vous tenez le coup?» Joe Biden est sorti de ses notes à plusieurs occasions.

Si quelques-unes des attaques ou inquiétudes au sujet du 46e président me semblent légitimes, il faut aussi préciser qu’avant la campagne 2020 et le début de sa présidence, l’ancien sénateur n’avait jamais fui les projecteurs, bien au contraire. C’est d’ailleurs de cet empressement à se placer devant les caméras que lui vient son surnom de «Joe la gaffe».

Joe Biden s’est toujours plu à échanger avec les journalistes. Sa candeur et sa spontanéité lui ont cependant maintes fois valu des controverses. Pensez à cette fois où il a appuyé la reconnaissance des conjoints de même sexe alors que son patron de l’époque, le président Obama, n’avait pas encore terminé sa «réflexion» sur le sujet.

Si Joe Biden a prolongé la conférence de presse de mercredi, c’est qu’il avait en tête les critiques que des médias comme Fox News ne cessent de ramener sur le tapis. Je ne saurais dire si l’exercice a été concluant et s’il a rassuré ses concitoyens sur son état de santé, mais, en improvisant une fois de plus, le président n’a pas su éviter un de ses célèbres faux pas.

Le plus important d’entre eux est survenu alors qu’il parlait de la menace russe qui pèse sur l’Ukraine. Biden se montrait ferme et menaçait la Russie de sanctions parmi les plus sévères, mais il a maladroitement introduit une nuance qui a été remarquée aussi bien aux États-Unis que sur la scène internationale.

Il a affirmé que des incursions russes en territoire ukrainien pouvaient être catégorisées comme moins graves. Nous savons bien que les États-Unis et leurs alliés vont évaluer chaque mouvement de manière distincte et que le seuil de tolérance de chacun peut varier. 

Mais pourquoi exposer ainsi à la face du monde qu’on pourrait tolérer certains mouvements de troupes? La souveraineté en serait moins menacée? Pourquoi dire aussi candidement à Vladimir Poutine qu’il dispose toujours d’une certaine marge de manœuvre?

Mercredi, le président a offert une performance d’ensemble qui devrait rassurer les médias et les Américains qui doutent qu’il soit en mesure de remplir adéquatement ses fonctions. Joe Biden a même semblé prendre un réel plaisir à la relance avec les journalistes. 

Par contre, une aussi longue exposition a également rappelé à de nombreux observateurs que le président a une prédisposition à la bourde. Depuis mercredi, la Maison-Blanche s’emploie à préciser la pensée du patron. Parions que Jen Psaki et son équipe auraient préféré concentrer leurs énergies ailleurs.

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