/misc
Navigation

Le marathon de Félix Auger-Aliassime

Le marathon de Félix Auger-Aliassime
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Félix Auger-Aliassime a encore dû puiser au fond de ses ressources pour poursuivre son parcours aux Internationaux d’Australie dans la nuit de mercredi à jeudi. 

Il a eu besoin de plus de quatre heures sur le terrain pour venir à bout de l’Espagnol Alejandro Davidovich Fokina. Quatre manches qui ont été déterminées au bris d’égalité. 

Des séquences durant lesquelles Auger-Aliassime a dépensé beaucoup d’énergie sur les plans physique et mental. Est-ce qu’il aura assez d’essence dans le réservoir pour ses prochains matchs ? 

Depuis le début du tournoi, Auger-Aliassime a passé un total de 7 heures et 59 minutes sur le terrain en neuf manches de travail. L’équivalent de deux marathons pour un coureur moyen. Ses adversaires ne lui ont pas donné la victoire sur un plateau d’argent. 

C’est beaucoup de tennis en l’espace de 72 heures. C’est éreintant même pour un athlète de 21 ans comme Auger-Aliassime. C’est un humain après tout. 

Un tournoi du grand chelem, c’est un marathon dans lequel les joueurs doivent maintenir un équilibre entre le physique et le mental. Une tâche qui est digne d’un funambule du Cirque du Soleil. C’est loin d’être évident.

« Les deux sont intimement reliés, m’a raconté Auger-Aliassime avant son tournoi. Quand je me sens fort, c’est plus facile d’être bien dans ma tête. Tu as de la marge d’erreur et tu sais que tu as quelque chose pour durer tout un match. »

« Tu ne peux pas avoir un sans l’autre. »

Pour le moment, tout semble sous contrôle dans les deux aspects. Voyons voir si ça peut tenir jusqu’à la fin du tournoi. 

Une coche de maturité

Auger-Aliassime a gagné en maturité au cours de la dernière année. L’arrivée de Toni Nadal a eu un impact à ce niveau, mais ce n’est pas le seul facteur. On a assisté à un déclic de sa part qui est survenu après sa performance décevante à Roland-Garros en juin dernier.

Éliminé par l’Italien Andreas Seppi en quatre manches, le Québécois avait offert du jeu peu inspiré. Une claque au visage pour celui qui était classé 21e au monde à ce moment-là.

On ne connaît pas le moment exact, mais Félix s’est regardé dans le miroir. Il a établi les objectifs qu’il souhaitait atteindre et il s’est retroussé les manches. Les résultats parlent d’eux-mêmes. 

Sa maturité lui a permis de remporter ses deux premiers matchs à Melbourne. Il a su garder son calme et sa concentration dans les moments-clés. Auparavant, il aurait démontré des signes d’impatience qui auraient donné l’avantage à son adversaire. 

Au premier tour, il était dans les câbles alors qu’il tirait de l’arrière 2-1 dans les manches. Au lieu de s’apitoyer sur son sort, il s’est battu pour revenir dans le match et l’emporter. Du caractère à l’état pur. 

Il s’agissait de la première fois de sa carrière qu’il effectuait ce type de remontée dans un duel de cinq manches. C’est un signal fort qu’il venait de lancer. 

Il est un joueur talentueux qui vient d’atteindre une maturité tellement importante pour batailler et vaincre les meilleurs joueurs au monde. Une autre sorte de marathon vient de commencer pour lui. La ligne d’arrivée ? Le premier rang mondial. Rien de moins. 

Comme Félix le dit lui même, c’est money time. Là où tout se passe. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.