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Une avocate soupçonnée dans une affaire de meurtre

La criminaliste est suspectée de complicité après le fait par la Sûreté du Québec

double meurtre
Photo d'archives, Chantal Poirier Me Noémi Tellier au palais de justice de Montréal, en 2013.

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Une jeune avocate est dans la ligne de mire de la Sûreté du Québec dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un trafiquant de drogues abattu sur la Rive-Nord il y a près de 3 ans.

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Selon des documents soumis au tribunal, les enquêteurs ont des raisons de croire que Me Noémi Tellier aurait été « complice après le fait » du meurtre de Francis Turgeon. L’homme de 33 ans a été tué le 8 mai 2019, à Repentigny (voir texte ci-bas).

Un des principaux suspects dans cette affaire, Kevin St-Pierre, 32 ans, est l’ex-conjoint de la criminaliste et père de son bambin, peut-on lire dans un rapport.

Le soir du meurtre, les policiers le soupçonnent de s’être rendu au domicile de Turgeon avec James Patrice Mardy, 31 ans, dans la voiture Acura TLX noire appartenant à l’avocate.

Dans les jours qui ont suivi, alors qu’elle était sous filature, Me Tellier aurait fait plusieurs manœuvres en conduisant, que les agents qualifient de contre-surveillance.

Elle aurait notamment fait demi-tour dans une sortie d’autoroute ou pris une sortie au dernier moment, est-il énuméré. 

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Véhicule suspect

L’avocate aurait aussi abandonné un deuxième véhicule, un Land Rover gris, dans un stationnement commercial de Blainville. Il s’agit d’une technique adoptée pour laisser « refroidir » un véhicule suspect, ont noté les enquêteurs.

Ce VUS aurait servi à St-Pierre et son complice lors d’un repérage près de chez Turgeon quelques heures avant sa mort. 

Ils s’étaient toutefois fait intercepter par la police et se seraient ainsi rabattus sur le véhicule de Me Tellier pour la suite, suggère-t-on dans des mandats de perquisition.

Quelques jours après l’assassinat, l’avocate aurait appelé un commerce pour vérifier si le Land Rover y était toujours.

En cours d’enquête, la SQ a mené des perquisitions à la résidence de Tellier et St-Pierre, à Blainville, en 2019 et 2021, notamment pour mettre la main sur des appareils électroniques qui auraient permis des échanges entre les suspects.

Or, le corps policier est toujours engagé dans un bras de fer avec l’avocate pour accéder aux informations contenues dans ces appareils, car certaines pourraient être protégées par le privilège avocat-client.

Les enquêteurs veulent entre autres consulter les textos et le système Bluetooth de la voiture Acura.

Deux histoires

Aucune accusation n’a été portée contre l’avocate jusqu’à présent. La criminaliste originaire de Sorel-Tracy avait aussi été interpellée puis relâchée sans accusation, l’an passé, lorsque la vidéo d’interrogatoire d’un jeune homme qui offrait d’aider les policiers avait été coulée sur internet.

L’individu venait alors d’être arrêté avec St-Pierre, en possession d’une arme. 

L’enquête de la police de Longueuil dans ce dossier est toujours en cours. 

Un règlement de compte signé par les Hells Angels    

Francis Turgeon aurait été la cible d’un règlement de compte en mai 2019, car il refusait de donner sa part aux Hells Angels pour avoir le droit de vendre de la drogue à Repentigny.

Selon des documents consultés par Le Journal, le meurtre du revendeur aurait été commandé après son refus de payer sa « taxe » afin de pouvoir vendre « légalement » sur le territoire.

Ce type de contestation engendre généralement une « dette » envers l’organisation criminelle, peut-on lire.

Turgeon aurait donc dû à l’époque au moins 80 000 $ à son « boss », un membre en règle des Hells Angels.

Son assassinat aurait été commandité par un ou des hauts placés du club de motards criminels, ont affirmé des informateurs à la Sûreté du Québec.

Il avait d’ailleurs été tabassé par deux colosses venus lui donner un avertissement peu de temps avant.

Coups de feu

La nuit du meurtre, Wesley McKenzie, un proche des Hells Angels âgé de 43 ans, se serait rendu chez Turgeon, rue Raymond-Gaudreault, alors que des invités s’y trouvaient déjà.

Vers 2 h 15, il aurait attiré l’hôte dehors, où il a été tiré par au moins un des deux individus qui les attendaient.

Une voisine qui a été réveillée par quatre ou cinq coups de feu avait alerté le 911. Elle avait aperçu au loin le corps de celui qui se faisait surnommer « Tank », au pied de l’escalier de l’immeuble à logements.

Kevin St-Pierre et Wesley McKenzie, deux suspects dans cette affaire du meurtre de Francis Turgeon.
Photos tirée de Facebook et courtoisie
Kevin St-Pierre et Wesley McKenzie, deux suspects dans cette affaire du meurtre de Francis Turgeon.

McKenzie aurait alors fui les lieux avec les suspects identifiés par la police, Kevin St-Pierre et James Patrice Mardy.

Peu après, les policiers de Repentigny ont trouvé le corps ensanglanté de Turgeon, gisant devant sa résidence.

Des enquêteurs avaient scruté la scène de crime, rue Raymond-Gaudreault à Repentigny, le 8 mai 2019.
Photo d'archives, Agence QMI
Des enquêteurs avaient scruté la scène de crime, rue Raymond-Gaudreault à Repentigny, le 8 mai 2019.

Affaire complexe

Les autorités auraient vite compris qu’il s’agissait d’une histoire « complexe » dans laquelle plusieurs individus étaient impliqués, lit-on.

Deux jours plus tard, McKenzie était arrêté puis accusé de complot pour meurtre. Il était représenté par Me Noémi Tellier, qui a alors pu consulter une partie de la preuve qui soulignait sa possible implication dans l’affaire.

L’été dernier, les charges portées contre McKenzie ont été abandonnées.

Contactée hier, Me Tellier a affirmé qu’à ce stade-ci, elle n’avait « pas de commentaires à faire ».

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