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Appuis croissants de partout

Des citoyens sont venus d’aussi loin que Montréal pour soutenir la pâtissière

Karine Grenier et Éric Bellemarre, propriétaires du resto Chez L’Artisan, en Montérégie, ont songé à rouvrir leur salle à manger malgré l’interdiction, mais ils ont finalement reculé. Ils trouvent la pâtissière Stéphanie Hariot (à droite) courageuse de l’avoir fait.
Photos courtoisie et Roger Gagnon Karine Grenier et Éric Bellemarre, propriétaires du resto Chez L’Artisan, en Montérégie, ont songé à rouvrir leur salle à manger malgré l’interdiction, mais ils ont finalement reculé. Ils trouvent la pâtissière Stéphanie Hariot (à droite) courageuse de l’avoir fait.

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La pâtissière de Jonquière qui s’est levée contre la fermeture des salles à manger a reçu tellement d’appuis hier que ses ventes ont explosé.

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« On a tout vendu. On a fermé à midi au lieu de 17 h tellement on n’avait plus rien », indiquait hier l’unique employée du commerce, Annie. 

Sa patronne, Stéphanie Hariot, propriétaire de la pâtisserie Vite des Péchés, avait déjà donné son lot d’entrevues quand nous avons finalement obtenu la ligne, vers 13 h.

Elle s’affairait à produire le maximum de produits pour le lendemain. « Elle fait tout toute seule, elle n’arrête pas une seconde depuis deux jours », ajoutait Annie. 

Mme Hariot, qui ne veut pas lancer un mouvement, a bravé l’interdiction d’ouvrir sa salle à manger, jeudi. L’ex-infirmière auxiliaire a reçu la visite des policiers, qui ont expulsé les clients. 

La pâtissière a rouvert vendredi. Le commerce n’a toutefois pas reçu une deuxième visite des policiers.

L’histoire a fait le tour du Québec, et des gens d’aussi loin que Montréal ont même fait le trajet jusqu’à Jonquière pour la féliciter. Le soutien qu’elle a reçu s’est aussi manifesté sur les réseaux sociaux. Elle a reçu des centaines de commentaires l’encourageant dans sa démarche. 

Une inspiration

À Saint-Mathias-sur-Richelieu, en Montérégie, les restaurateurs Éric Bellemare et Karine Grenier ont apprécié l’audace de la pâtissière.

« C’est sûr qu’on la trouve courageuse », lance Éric. Le couple, aussi propriétaire de la maison ancestrale qui abrite leur restaurant Chez L’Artisan, a également pensé ouvrir sans attendre le go du gouvernement. 

« On a trois doses chacun, on a réduit de 90 à 45 places, on respecte toutes les mesures. Un moment donné, va falloir vivre avec le virus », estime le chef. 

La seule raison qui le pousse à rester fermé malgré tout, c’est qu’il « n’a pas l’argent pour payer des tickets » si jamais les policiers se pointaient. 

Pour l’heure, les deux copropriétaires continuent de produire leur gamme de produits SOUSVID-19, soit des plats comme de la macreuse de bœuf fumée cuite et vendue sous vide. 

Ils sont pessimistes et ne pensent pas que le gouvernement Legault permettra aux restaurants de rouvrir en février. 

À ce sujet, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) se fait insistante : le gouvernement du Québec doit déposer un plan de réouverture de l’économie au plus vite. 

L’Ontario l’a fait cette semaine. Dès le 31 janvier, les centres d’entraînement, les bars, les cinémas, les musées et les salles à manger des restaurants, pour ne nommer que ceux-là, pourront rouvrir en accueillant la moitié moins de clients. 

« Le virus ne change pas quand il traverse la rivière des Outaouais », illustre le vice-président pour le Québec de la FCEI, François Vincent.

Pour lui, l’exemple de la pâtissière de Jonquière montre bien que « les PME sont vraiment, vraiment à bout ». 

« Quand quelqu’un est à ses derniers moments, il fait des spasmes. C’est ça qui se passe », dit-il.

Il rappelle que les restaurateurs du Québec sont maintenant endettés de plus de 200 000 $ en moyenne et que « plus on avance avec les restrictions, plus on fragilise les PME ». 

« Nos entrepreneurs ont besoin de voir que leur industrie fait partie de la solution », soutient M. Vincent. 

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