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C’est la maison des fous pour le dépistage des professeurs

Du personnel scolaire se fait refuser l’accès aux tests PCR pour dépister la COVID

Karine Leblanc
Photo Pierre-Paul Poulin L’éducatrice en service de garde Karine Leblanc avec ses enfants. Elle s’est fait refuser l’accès au centre de dépistage de Boucherville malgré un rendez-vous.

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Des enseignantes et éducatrices se font interdire l’accès aux centres de dépistage PCR alors que les ministères de l’Éducation et de la Santé ne s’entendent pas sur la consigne à appliquer. 

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«Tout le monde est fâché, tout le monde est mêlé», soupire Marie-Hélène Barrière, une éducatrice spécialisée qui a parcouru quelque 80 kilomètres de Longueuil à Sorel mardi pour aller se faire dépister avant de se buter à un refus.  

Depuis le 15 janvier, le personnel scolaire fait partie des travailleurs essentiels ayant accès aux centres de dépistage PCR.  

Or, dans les derniers jours, de nombreux travailleurs de l’éducation ont eu la surprise de se faire revirer de bord une fois rendus sur place.  

Les centres de services scolaires des Patriotes et des Grandes-Seigneuries indiquent tous deux que des membres de leur personnel se sont fait interdire l’accès au dépistage. Les écoles n’ont pourtant reçu aucune nouvelle ligne directrice des autorités.  

C’est que, sans tambour ni trompette, la consigne a récemment été modifiée par le ministère de la Santé : dorénavant, seuls les profs qui n’ont pas de tests rapides dans leur milieu ont accès au dépistage PCR, peut-on lire sur quebec.ca

«Personne n’était au courant de cette modification [...] Encore une belle démonstration que les directives changent sans cesse et qu’il n’y a pas de communications claires», dit Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec. 

Au cabinet du ministre de l’Éducation, on maintient qu’il y a erreur : le personnel scolaire doit pouvoir se faire dépister en centre, qu’il ait accès à des tests rapides ou pas, insiste l’attaché de presse Florent Tanlet.  

Sac Ziploc

Karine Leblanc est éducatrice en service de garde à Verchères. Mercredi, elle s’est réveillée avec un cocktail de symptômes : douleurs musculaires, migraine, mal de gorge, fièvre toute la nuit, raconte-t-elle.  

«Je me suis rendue [dans un centre de dépistage à Boucherville] de peine et de misère.» 

Une fois sur place, on l’a informée qu’elle n’aurait pas accès au dépistage et on lui a remis un sac Ziploc contenant deux tests rapides. Même pas une boîte complète de cinq tests, comme celles remises en pharmacie. 

Elle avait pourtant pris un rendez-vous en ligne et coché qu’elle travaillait en milieu scolaire. À aucun moment on ne l’a avisée qu’elle ne correspondait plus aux critères.  

«Insultée»

«J’étais très insultée», raconte de son côté Amélie Boudreau, une enseignante qui s’est vu refuser le dépistage à Brossard mardi.  

Des témoignages semblables, le Syndicat de Champlain dit en avoir reçu une dizaine dans les derniers jours.  

«Ça témoigne d’un manque de transparence et de considération pour le personnel de l’éducation. Si de garder les écoles ouvertes est vraiment une priorité, il faudrait que les bottines suivent les babines», dit Jean-François Guilbault, président du Syndicat de Champlain. 

«Qu’ils accordent leurs violons», s’impatiente Sylvain Mallette de la Fédération autonome de l’enseignement. Il rappelle que ce genre de «fils mal attachés» alimente la suspicion, la colère et l’insécurité dans le milieu.  

QUI DIT VRAI?    

  • Le cabinet du ministre Roberge : tout le personnel scolaire peut avoir accès aux tests PCR.    
  • Le ministère de la Santé : «Le personnel scolaire et celui des différents milieux de garde font partie des clientèles prioritaires, si elles sont symptomatiques et en l’absence de tests rapides dans le milieu.» -   
  • Le CISSS de la Montérégie-Centre : «Il se peut qu’il y ait eu un malentendu pour des personnes s’étant présentées dans nos centres et nous en sommes désolés.»   
  • Le CISSS de la Montérégie-Est : «[Ils] font partie des clientèles prioritaires si [...] elles n’ont pas de tests rapides en leur possession.»    

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