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Allergique au froid... pour vrai

Eryn Margolese
Photo courtoisie Si Eryn Margolese est en contact avec le froid, sa peau se couvre d’urticaire, comme ici.

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Une adolescente doit redoubler de vigilance lors de ses sorties depuis qu’elle a développé une rare allergie... au froid. Un casse-tête autant lors des températures polaires, l’hiver, que pour les baignades, l’été.

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« La première fois que ça m’est arrivé, je me suis retrouvée avec une réaction cutanée très intense, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait parce que la seule chose que j’avais faite c’était d’être allée au froid », explique Eryn Margolese, une adolescente de 15 ans qui vit à Hampstead, sur l’île de Montréal.

C’est après cette sortie à l’extérieur en mars 2020 que la jeune fille remarque que ses jambes et ses bras sont recouverts de plaques rouges. Accompagnée de ses parents, elle se rend à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Pas un savon

Au début, les médecins pensaient que c’était la lessive ou un nouveau savon, raconte la jeune fille. Et c’est finalement après avoir réalisé un test avec un glaçon posé sur sa peau que le diagnostic tombe.

Seulement 0,1 % des Canadiens souffrent de cette maladie, explique son médecin, le Dr Moshé Ben-Shoshan, l’allergologue-immunologue de l’Hôpital de Montréal pour Enfants. 

Selon lui, cette condition est sous-diagnostiquée.

« Le froid vient activer une substance dans la peau qui va activer le système immunitaire, comme pour une allergie à du pollen par exemple », explique-t-il.

Dans la plupart des cas, les personnes qui sont atteintes de ce qu’on appelle aussi « urticaire au froid » se retrouvent avec des éruptions cutanées, des démangeaisons, des rougeurs et des gonflements.

Passer du chaud au froid

« Ce n’est pas juste le froid qui provoque ça, les changements de température peuvent aussi en être responsables. Donc ça peut être déclenché quand on saute dans de l’eau froide, qu’on se met près d’un climatiseur ou que l’on consomme une boisson froide », soutient celui qui étudie cette maladie depuis 12 ans.

Dans de rares cas, certains peuvent même subir un choc anaphylactique qui peut mener à la mort, comme lors d’une allergie aux arachides, explique-t-il.

Environ 20 % des enfants atteints d’urticaire au froid auront une réaction potentiellement mortelle, ajoute-t-il.

Pour Eryn, le diagnostic a des conséquences sur sa vie et sur ses loisirs.

« L’été, au camp de vacances, je ne peux plus me baigner dans les lacs ou faire du kayak, parce que j’ai peur de faire un choc anaphylactique. L’hiver, il faut vraiment que je sois très vigilante, porter beaucoup de couches de vêtements et ne pas laisser ma peau dépasser », explique celle qui transporte en permanence avec elle un EpiPen, en plus de prendre des antihistaminiques, seul remède connu.

Malgré l’hiver intense, la maladie ne dérange pas assez la jeune fille pour qu’elle pense à quitter un jour le pays.

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