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Un biologiste va dans l’Ungava pour mieux comprendre le caribou

Le spécialiste capturera et relâchera 30 bêtes pour les étudier à distance

Steeve Côté
Photo courtoisie, Barbara Vuillaume Quand le caribou est immobilisé, les biologistes, comme Steeve Côté, lui installent le collier émetteur qu’il gardera pendant deux à six ans.

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Témoin du catastrophique déclin des caribous migrateurs du Grand Nord, un éminent biologiste québécois ira installer des émetteurs au cou de 30 caribous de la rivière George pour mieux comprendre l’espèce.

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Quand Steeve Côté s’est rendu pour la première fois aux abords de la baie d’Ungava, en 1992, c’était à l’occasion d’un travail d’été. Il y avait alors 800 000 caribous dans cette harde. 

«Il y en avait tant au sommet des crêtes que la montagne bougeait», relate-t-il. 

Avec une telle population d’ongulés, l’une des plus importantes au monde à l’époque, on s’inquiétait non pas pour la survie de l’espèce, mais pour les ravages causés à la végétation peu abondante de la toundra. 

Pourtant, les effectifs ont fondu de 99% depuis, et la population diminue sans cesse, ce qui inquiète les biologistes. 

L’objectif de la prochaine mission, la première en trois ans pour le professeur Côté, est de comprendre les raisons de la disparition du caribou migrateur de la rivière George, et les baisses marquées des autres populations de cette espèce au Québec. Une équipe de télévision de la BBC, en Angleterre, ccompagnera les biologiste

Test COVID-19 pour caribou 

Le biologiste de l’Université Laval, qui travaille en collaboration avec le ministère québécois de la Forêt et de la Faune, procédera à la capture des bêtes à l’aide d’un filet lancé d’un hélicoptère. 

Durant les quelques minutes où les biologistes isolent l’animal, ils lui installent un collier émetteur et prélèvent des échantillons.

L’un d’entre eux doit être extrait à l’aide d’un long écouvillon. 

«Un peu comme un test COVID», lance le professeur Côté en riant. Cet échantillon permettra de documenter l’alimentation de ces migrateurs en analysant le microbiote.

Des prélèvements génétiques sont aussi prévus. Avec Claude Robert, du Département des sciences animales, le biologiste a mis au point une biopuce renfermant des informations génétiques de 1600 caribous. Cet outil sera bientôt mis à la disposition de la communauté scientifique mondiale. La Russie et plusieurs pays de Scandinavie s’intéressent à leurs hardes de caribous, qui sont en déclin également. 

Steeve Côté a créé Caribou Ungava en 2007. C’est le seul groupe de recherche exclusivement consacré à cette espèce au Québec. 

Une quarantaine d’étudiants à la maîtrise et au doctorat y travaillent sous sa direction; la plupart sont aujourd’hui à l’emploi de ministères et organismes fauniques.

Les raisons du déclin demeurent mystérieuses. L’accès à la nourriture pourrait être en cause. La disparition de cette source d’alimentation et la hausse de la prédation (ours noirs, loups) pourraient expliquer en partie le déclin.  

Le réchauffement climatique pourrait aussi être en cause. L’équipe de Caribou Ungava mène notamment des études sur les épisodes de pluie verglaçante, de plus en plus fréquents dans le Grand Nord. 

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