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Plafond de verre brisé à Vancouver

Émilie Castonguay a accepté le poste de directrice générale adjointe avec les Canucks

Émilie Castonguay
Photo courtoisie L’agente de joueurs Émilie Castonguay est maintenant directrice générale adjointe avec les Canucks.

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Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Quelque part au fond d’elle-même, Émilie Castonguay a toujours su qu’un jour, elle travaillerait pour les Canucks de Vancouver.

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La formation de la Colombie-Britannique a confirmé lundi ce qu’elle espérait depuis près de 15 ans. 

Les Canucks ont nommé l’agente de joueurs au poste de directrice générale adjointe de l’équipe, faisant d’elle la deuxième femme seulement à occuper ce poste dans l’histoire de la LNH, après Angela Gorgone avec les Mighty Ducks d’Anaheim en 1996-1997. 

Castonguay épaulera pour l’instant le président Jim Rutherford qui assure l’intérim du poste de DG laissé vacant depuis le congédiement de Jim Benning, en décembre.

En mémoire de sa sœur décédée

Évidemment, la nouvelle de l’embauche de Castonguay a eu l’effet d’une bombe dans le monde du hockey. Pour la plupart des gens, il s’agissait d’une avancée de taille pour la place des femmes dans ce monde encore très majoritairement dominé par les hommes. Avec raison.

Pour Castonguay, toutefois, cette promotion avait quelque chose d’irréel, voire prophétique.

En 2008, elle a perdu sa sœur, Valérie, dans des circonstances tragiques. Victime d’une erreur médicale alors qu’elle subissait une rhinoplastie, la jeune femme de 25 ans ne s’était jamais réveillée de l’opération. 

« Lors de la dernière conversation que j’ai eue avec elle avant son décès, elle m’avait dit que je dirigerais un jour les Canucks de Vancouver, a raconté la Québécoise, lundi, étranglée par l’émotion. Quand j’ai reçu l’appel de Jim, ç’a été assez émotif pour moi. C’est pour ça que je devais écouter et considérer leur offre. Pour la partie Vancouver, il n’avait pas à me convaincre. J’ai senti que c’était un peu l’univers qui m’amenait là. »

Cette conversation avec sa sœur était toujours restée en elle. Il y a cinq ou six ans, elle avait même confectionné une affiche de visualisation sur laquelle elle avait inscrit le nom de la ville de Vancouver ainsi que l’âge qu’elle aurait lorsque son rêve se réaliserait : 38 ans.

Figurez-vous que, le 13 mars, elle soufflera ses... 38 bougies.

Écoutez la chronique de Jean-François Baril au micro de Mario Dumont sur QUB Radio: 

Pas rencontrée par le CH

L’annonce n’est pas que le fruit du destin, toutefois. Castonguay faisait partie des femmes les plus influentes dans le monde du hockey et son nom circulait abondamment parmi les principales candidates à l’obtention d’un poste de gestion dans la LNH. 

Ça avait notamment été le cas lors du récent processus d’embauche d’un nouveau directeur général avec le Canadien, mais elle n’avait finalement pas été rencontrée par l’organisation. 

« Émilie possède une vaste expérience, est déterminée à réussir et a une solide réputation dans le monde du hockey en raison de son intelligence et de son éthique de travail, a mentionné Rutherford par voie de communiqué. Elle jouera un rôle prédominant dans la gestion et la négociation des contrats des joueurs, dans la gestion de la convention collective et sa voix sera entendue dans tous les aspects des opérations hockey. Elle sera une pièce importante de notre équipe de leader et nous sommes heureux de l’accueillir à Vancouver. » 

Approche non binaire

Castonguay a fait ses classes dans le hockey, tout d’abord comme joueuse dans la NCAA, puis comme gestionnaire. 

Jamais, assure-t-elle, elle n’a jugé que son genre était un désavantage.

« J’ai toujours eu une approche non binaire dans mon parcours. Je voulais faire quelque chose dans le hockey et je voulais que ça ait une signification pour moi. Je ne me suis jamais dit que c’était un monde d’hommes et que je ne réussirais pas. J’ai essayé d’emmagasiner le plus d’information possible afin de me rendre où je voulais. J’ai foncé tête première parce que si tu laisses le genre t’intimider, c’est ce que ça va faire. Pour moi, ça n’a jamais été le cas et c’est là que les portes s’ouvrent. Si tu peux faire le travail, tu vas avoir l’emploi. » 

« J’espère maintenant que c’est le début et qu’il y aura plus de femmes dans le sport et dans le hockey. »

Émilie Castonguay est la deuxième Québécoise en quelques mois à se voir offrir un poste dans la LNH. En mai dernier, les Maple Leafs de Toronto avaient embauché Danielle Goyette comme directrice du développement des joueurs.

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