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Formation de sauvetage sur glace à -33 degrés Celsius pour des pompiers de l’Estrie

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Une dizaine de pompiers du Canton de Potton en Estrie ont suivi une formation de sauvetage sur glace samedi dernier. Ils ont sauté dans l’eau du lac Massawippi en bravant un froid extrême de -33 degrés Celsius.  

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Cette troupe de pompiers est formée pour des interventions sur la glace et en eau froide pendant toute une fin de semaine. TVA Nouvelles a participé à l’une de ces formations données par l’équipe de Sauvetage nautique. 

Dans la petite caserne de North Hatley, située à 20 kilomètres au sud de Sherbrooke, ces pompiers apprennent comment utiliser le Ice Commander. C’est cet habit jaune ou rouge qui leur permet d’aller dans l’eau et sur la glace sans trop sentir le froid saisissant. 

Ce n’est pas si simple à utiliser. Cette combinaison est étanche avec des gants intégrés et des bottes attachées. Les velcros doivent être bien refermés et la couture doit s’aligner avec une partie bien précise de l’équipement au moment de l’assemblage. 

«On se bat pour des secondes. Si l’habit est mal monté, mal positionné ou mal placé, on vient d’augmenter notre temps de réponse. Mais la victime ne peut pas attendre», précise Sylvain Jalbert, instructeur pour Sauvetage nautique.  

Les pompiers doivent s’entraider pour s’habiller. Si un espace est décelé dans l’assemblage, le pompier doit recommencer. L’air et l’eau ne peuvent pas s’infiltrer. Une petite erreur pourrait compromettre leur sécurité et le sauvetage. 

Même s’ils sont habitués au danger, ils ont tous une petite nervosité avant de sauter à l’eau. Le froid extrême de la journée leur joue dans la tête. On entend craquer chacun de leurs pas sur la glace du lac.  

Une fois tous à l’eau, qui est à peine à 4 degrés Celsius, ils profitent avec étonnement de la baignade. Il fait plus froid à l’extérieur. La hantise d'affronter l’eau froide est maintenant loin derrière. «C’est comme si l’on était dans un spa», dit Paul Stogowski, pompier du Canton de Potton. 

«On pratique dans les extrêmes, justement pour être bon dans les extrêmes», ajoute Alex Béchard, pompier à la caserne du Canton de Potton. La glace est brisée, et ces pompiers temporaires, jeunes et moins jeunes, participent pleinement à cette formation.  

Parmi les candidats, on retrouve le maire du Canton de Potton, Bruno Côté. Il est aussi pompier à temps partiel dans cette petite municipalité de 1883 habitants. «C’est sûr que la première rentrée dans l’eau, c’est une expérience en soi. Mais ça s’est super bien passé et on continue l’entraînement».  

Cette troupe et les formateurs ne sont pas seuls. Il y a des résidents du coin qui viennent sur le petit pont pour les observer. Bien habillés avec tuque, foulard et gants, ils sont étonnés de voir le courage du groupe qui affronte cette température.  

«On est chanceux d’avoir des gens comme ça», dit une résidente de North Hatley. Un autre passant ajoute: «ils sont courageux. Ils font ça pour nous sauver». Les pompiers sont aussi applaudis par des touristes impressionnés. 

L’équipe de Sauvetage nautique sillonne le Québec pour donner de la formation aux pompiers et aux policiers de la province. Le président et maître instructeur est Sylvain Gariépy. Il est retraité après 30 ans au service de sécurité incendie de la ville de Laval. 

«Les pompiers de la petite municipalité auront dans leur coffre à outils différentes techniques qui vont leur permettre d’intervenir pour faire un sauvetage d’une personne sur le bord de la glace», explique Sylvain Jalbert, l’instructeur de la journée. Il est aussi pompier à temps plein pour la ville de Laval. 

Au Québec, c’est en moyenne 7 personnes par année qui meurent noyées l’hiver selon la Société de sauvetage du Québec. Il faut éviter de se retrouver sur la glace si elle a une épaisseur de moins de 3 pouces.  

«À partir du moment qu’une personne tombe dans l’eau, il n’y a pas tant de temps que ça. Vous avez une minute pour reprendre votre souffle et 10 minutes de dextérité motrice. Si vous n’avez pas de veste de flottaison, après 10 minutes, c’est terminé pour vous», précise Sylvain Jalbert. 

Les pompiers qui ont suivi cette formation repartent avec le sentiment d’avoir appris et ils sont prêts à affronter ce type d’appel d’urgence. «Je sais que je vais finir ma fin de semaine et qu’on va être compétent si l’on a un appel demain matin et que ça va bien aller», nous dit Alexandra Ducharme, pompière.  

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