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Des profs réclament la loi 101 au cégep

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Les professeurs de quatre cégeps francophones ont récemment voté en faveur de l’imposition de la loi 101 au niveau collégial, une mesure jusqu’ici écartée par Québec dans sa réforme de la Charte de la langue française. Et d’autres votes sont à venir.

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Dans les cégeps Montmorency, de Maisonneuve, de Bois-de-Boulogne et de La Pocatière, les professeurs ont appuyé à forte majorité l’idée de limiter l’accès au réseau collégial anglophone à la minorité historique de langue anglaise, comme c’est déjà le cas au primaire et au secondaire.  

À Québec, la présidente du Syndicat des professeures et professeurs du Cégep de Sainte-Foy indique que le sujet sera discuté lors de la prochaine assemblée générale, le 2 février prochain.  

«La vitalité du français est un sujet très important pour les professeurs du Cégep de Sainte-Foy», mentionne Amélie-Elsa Ferland-Raymond, sans présumer de la tenue d’un vote au terme de la séance.  

Les cégeps Gérald-Godin et de Rimouski doivent également se prononcer au cours des prochaines semaines.  

Anglicisation de Montréal

L’impulsion de ce mouvement est venue du Regroupement pour le cégep français, créé par un groupe de professeurs déçus de voir le gouvernement Legault mettre de côté l’application de la loi 101 au cégep dans sa réforme de la Charte de la langue française, présentement à l’étude.  

«Ça vient de la base et ça grossit», explique Sébastien Mussi, professeur de philosophie au Collège de Maisonneuve et membre du regroupement.  

Il explique que les membres de son groupe souhaitent mettre de la pression sur les centrales syndicales que sont la CSQ et la CSN, jusqu’ici favorables au projet de loi 96 dans sa forme actuelle.  

«Sur l’île de Montréal, on est à un point tournant. Actuellement, plus de 50% des étudiants qui fréquentent le cégep anglophone ne sont pas des anglophones au sens où ils ont le droit à une éducation en anglais» en vertu de la loi 101, souligne M. Mussi.  

Ce dernier estime que cette dynamique participe à l’anglicisation de la métropole, en plus de créer un «écrémage» qui permet aux étudiants les plus doués de fréquenter les collèges de langue anglaise. À l’inverse, souligne-t-il, des jeunes anglophones moins forts à l’école ont de la difficulté à être acceptés au cégep dans leur langue.  

Québec a dit non

Mais les professeurs auront fort à faire pour renverser la vapeur et convaincre le gouvernement Legault. Après avoir entendu les groupes en commission parlementaire, le caucus caquiste a fait l’objet de vifs débats pour étendre la loi 101 aux cégeps.  

Toutefois, le débat semble avoir été tranché. «La solution, ça se passe au primaire et au secondaire», réitérait récemment le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.  

De son côté, le président de Mouvement Québec français espère que la pression des professeurs pourra convaincre le gouvernement caquiste de changer d’avis. «Maintenant que toutes les autres pistes de solutions ont été écartées, faute de véritablement régler le problème, la CAQ n’a plus le choix. La loi 101 doit absolument être appliquée au collégial», estime Maxime Laporte.

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