/finance
Navigation

Les nouveaux arrivants pires victimes de la crise du logement

La situation va sans doute empirer avec l’explosion des seuils d’immigration

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | L’augmentation de l’immigration depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir a amplifié la crise du logement, selon des experts entendus devant le Comité des finances qui s’intéresse à la montée de l’inflation au pays.

• À lire aussi: Une coalition d’organismes redoute une «flambée» des loyers à Québec en 2022

« Depuis 2015, nous avons vu une augmentation énorme de l’immigration qui a amplifié la pression sur le marché immobilier », a dit Jean-François Perrault, premier vice‐président et économiste en chef de la Banque Scotia, tout en soulignant être en faveur de l’accueil de nouveaux arrivants.

Depuis 2015, le Canada accueille en moyenne 300 000 nouveaux arrivants par année, contre environ 250 000 précédemment, et Justin Trudeau promet de gonfler ce chiffre à 400 000, pour un total de 1,2 million de personnes d’ici 2023.

« Pourquoi laisser entrer autant de gens si nous n’avons pas où les loger ? », a questionné Philip Cross, analyste à l’Institut MacDonald-Laurier et ancien économiste à Statistique Canada.

La libérale Julie Dzerowicz a répliqué que « l’immigration est la clef pour la croissance économique du pays, spécialement maintenant que nous avons une pénurie aiguë de main-d’œuvre ».

Perpétuer la précarité

Mais l’emploi n’est pas tout. Sans logement accessible, ces familles se retrouvent dans des situations précaires.

« Des familles immigrantes, parfois sept personnes, n’ont d’autres choix que de vivre dans un condo d’une chambre », a indiqué Sahar Raza, de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, décriant la construction massive de petits appartements et non pas de logements familiaux.

Murtaza Haider, professeur de gestion immobilière à l’Université Ryerson, a souligné qu’il y a une adéquation entre la croissance démographique et la construction de logements au Canada depuis plusieurs décennies : il se construit aujourd’hui 5000 à 6000 unités par millions d’habitants, soit deux fois moins que dans les années 70. 

De l’abordable à 2000 $ par mois

En réponse à la crise, Ottawa a investi 3,7 milliards $ dans sa Stratégie nationale pour le logement, mais ceci n’aide pas les familles qui en ont le plus besoin, a déploré Véronique Laflamme du Front d’action populaire en réaménagement urbain.

« On finance des logements dits abordables, mais ça donne des loyers à 2000 $ par mois », a-t-elle dit, plaidant pour la construction de logements sociaux.

Or, en 2019, Statistique Canada indiquait que les nouveaux arrivants gagnaient à Toronto un revenu médian annuel de 29 600 $. Il fallait à ce moment gagner 200 000 $ par an pour accéder à la propriété.

Depuis, les prix se sont encore envolés et il sera de plus en plus difficile d’acheter une maison puisque la Banque Centrale devrait augmenter le taux directeur de 2 % dans la prochaine année pour calmer l’inflation, prévoit M.Perrault.

À VOIR AUSSI :

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.