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Technologie, gaz, finance : Washington fourbit ses armes économiques en cas d’invasion russe de l’Ukraine

Technologie, gaz, finance : Washington fourbit ses armes économiques en cas d’invasion russe de l’Ukraine
AFP

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Les États-Unis ont détaillé mardi leur réponse économique, qu’ils promettent «massive», en cas d’attaque de la Russie contre l’Ukraine, tout en se disant prêts à compenser, au moins en partie, un éventuel assèchement des livraisons de gaz russe en Europe. 

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«Nous sommes prêts à imposer des sanctions aux conséquences massives, que nous n’avions pas envisagées en 2014», quand Moscou a annexé la Crimée, a dit un haut responsable de la Maison-Blanche, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

«Il n’est plus question de réponse graduée. Cette fois nous commencerons d’emblée par le haut de l’échelle (des sanctions) et nous y resterons», a-t-il menacé.

Les États-Unis envisagent, selon cette source, d’interdire l’exportation vers la Russie de technologie américaine et «potentiellement de certains produits fabriqués à l’étranger qui tombent sous le coup des régulations américaines».

  • Écoutez l'entrevue de l'envoyée spéciale du magazine L'OBS en Ukraine, Sara Daniel, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

«Les options de contrôle des exportations que nous envisageons avec nos alliés porteraient un coup dur aux ambitions de (Vladimir) Poutine d’industrialiser son économie et cela toucherait des domaines qui sont importants pour lui, par exemple l’intelligence artificielle, les ordinateurs quantiques, la défense, l’aérospatiale et d’autres secteurs-clés», a indiqué le haut responsable.

Il a par ailleurs assuré que la Russie serait frappée par de lourdes sanctions financières, et assuré qu’en la matière, il existait «une convergence encourageante» avec les Européens.

Joe Biden a déjà fait savoir qu’il envisageait d’interdire aux banques russes les transactions en dollars, devise reine des échanges internationaux.

Le haut responsable a aussi évoqué un point particulièrement délicat : les livraisons d’hydrocarbures russes, et particulièrement de gaz naturel.

Les Européens redoutent que la Russie ne ferme le robinet, ce alors que le gaz naturel russe pèse plus de 40 % des approvisionnements de l’Union européenne.

«Nous pensons être prêts à trouver des approvisionnements alternatifs couvrant une majorité significative des potentielles coupes» dans la livraison de gaz russe, et ce jusqu’au printemps, a assuré le haut responsable.

«Nous travaillons avec des pays et des entreprises dans le monde entier pour assurer la sécurité des approvisionnements et pour atténuer des chocs sur les cours», a-t-il dit.

Washington et les Européens cherchent «à identifier des volumes supplémentaires de gaz naturel (...) venant de diverses parties du monde, d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Asie et des États-Unis».

Le haut responsable a en outre assuré qu’utiliser l’arme énergétique serait à double tranchant pour Vladimir Poutine : la Russie «a au moins autant besoin des revenus du gaz et du pétrole que l’Europe a besoin de ses livraisons d’énergie».

Ces précisions sur les sanctions sont dévoilées à un moment où les États-Unis font clairement monter la pression sur Moscou, en espérant décourager une attaque contre l’Ukraine.

Washington a par exemple mis en alerte des milliers de soldats américains pour renforcer les troupes de l’OTAN. Les forces armées russes ont quant à elles lancé mardi une nouvelle série de manœuvres à proximité de l’Ukraine et en Crimée annexée.

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