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Une année électorale sous le signe de la COVID

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo Agence QMI, Joël Lemay Le premier ministre du Québec, François Legault

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La semaine dernière, les firmes de sondage sont venues confirmer tour à tour une fatigue des Québécois quant à certaines mesures sanitaires. Bien que la position de la CAQ demeure plus qu’enviable dans les sondages, François Legault devrait s’assurer de ne pas étirer la gestion de la pandémie plus que nécessaire.

Un exemple : la CAQ qui va de l’avant avec l’imposition du passeport vaccinal dans les magasins à grande surface. Comme les quincailliers avant eux, il est raisonnable de croire que de plus en plus de commerçants manifestent leur désaccord.

Défiance

Certains détaillants défieront peut-être ouvertement le décret, d’autres feront peut-être preuve d’un laxisme élevé quant à son application ou remettront en question son utilité. Le gouvernement fera éventuellement les ajustements nécessaires, mais renforcera du même coup le sentiment d’improvisation qui hante les dernières semaines.

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Nous pouvons aussi penser que le ministre Dubé annonce éventuellement une 3e dose obligatoire pour garder un passeport vaccinal valide. Difficile d’estimer la proportion des doubles doses qui refuseront la troisième, et le niveau de résignation des Québécois à ce moment-là.

La mesure est populaire, pour le moment... Qui peut prévoir l’appui qu’elle aura au mois de mai ou juin, lorsque la COVID nous aura quittés (du moins pour l’été) et que le nombre d’hospitalisations COVID sera proche de zéro ?

Vaccimpôt

Un second exemple est l’idée du vaccimpôt. Si le premier ministre décide d’aller de l’avant avec son projet de contribution santé destiné aux non-vaccinés dès la reprise des travaux parlementaires, en février, toute la classe politique provinciale et fédérale prendra position sur le sujet, plusieurs l’ont déjà fait. L’idée sera-t-elle aussi populaire lorsque des juristes s’activeront à la contester devant les tribunaux jusqu’aux élections ?

À elles seules, ces mesures pourraient occuper une bonne partie de l’agenda caquiste des prochains mois. Ajoutons à cela la sortie du rapport de la coroner Kamel sur les décès en CHSLD de la première vague du printemps 2020, une élection partielle dans la circonscription de Marie-Victorin qui prendra peut-être les allures d’un référendum sur la gestion de la pandémie, et François Legault pourrait bien passer l’année 2022 à microgérer son bouquet de mesures sanitaires au lieu de boucler les derniers dossiers de son mandat.

Opposition divisée

Celui-ci risque alors de se présenter devant les Québécois avec un état d’urgence qui durera depuis mars 2020 et un bilan hors COVID qui se résumera à la loi 21 et la maternelle 4 ans. Le premier ministre pourra alors remercier une opposition plus divisée que jamais pour faciliter sa réélection.

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo courtoisie

Benoit Lapierre, politologue, Drummondville

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