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500 morts par semaine... et on déconfine?

In the Hospital Sick Male Patient Sleeps on the Bed. Heart Rate Monitor Equipment is on His Finger.
Photo Adobe Stock

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J’ai hâte de retourner au restaurant. J’ai hâte de retourner voir des spectacles. Personne n’aime les confinements ni les restrictions. Nous en avons tous plein le dos de la COVID.

Conséquemment, le réflexe naturel en entendant l’assouplissement des mesures sanitaires, c’est de se réjouir. Cette vague Omicron était de trop : la fatigue populaire se sent, la colère d’une pâtissière a semblé exprimer le ras-le-bol collectif.  

Le premier ministre y va « mollo ». Une question demeure : le gouvernement a-t-il accéléré son plan de réouvertures pour répondre à la pression ? La Santé publique a-t-elle cédé en sentant l’opinion publique ?  

Autant je souhaite ce retour à la normale, autant je considère les annonces d’hier comme étant faites en marchant sur un fil de fer. Le portrait épidémiologique que le gouvernement a devant lui est loin d’être rose.

Encore fragile

Nous en sommes à 3300 hospitalisations. Presque cinq fois les 700 lits que le ministre Dubé nous disait réservés pour les cas COVID.

En prenant la moyenne des derniers jours, nous connaissons un rythme de 500 décès par semaine. À 85 décès pour la journée d’hier, cette donnée ne semble pas fléchir. Depuis le jour de l’An, le Québec a enregistré près de 1400 décès.  

On me répondra que ces personnes ne sont pas nécessairement toutes décédées uniquement à cause de la COVID. C’est un fait. Néanmoins, la semaine dernière, plus des trois quarts des personnes emportées vivaient à domicile ou en résidence pour personnes autonomes. On en déduit qu’elles étaient pour la plupart dans une relative bonne santé.

D’ailleurs, il semble bien qu’après des milliers de morts dans cette pandémie, les décès de cette cinquième vague suscitent un moindre intérêt. Qui sont-ils ? Quel profil ? La mort aurait-elle pu être évitable ? Épuisés par deux ans de pandémie, on dirait que la société n’a plus de temps ni d’intérêt pour cela.  

Il y a malgré tout des familles endeuillées qui trouvent qu’un proche est parti bien vite.  

  • Écoutez Mario Dumont et Benoît Dutrizac au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:

Plus de portrait clair

Le gouvernement annonce sa décision alors qu’il navigue dans un brouillard sans précédent. Nous n’avons pas encore le portrait complet de la situation dans les écoles après la rentrée de la semaine dernière. En Ontario, le retour à l’école a provoqué rapidement plusieurs éclosions majeures.

De toute façon, le Québec ne teste même plus l’ensemble de la population. Nous n’avons même plus une connaissance de l’évolution du nombre total de cas. On se contente d’une estimation de la circulation du virus.

Bien sûr que la population vaccinée doit à un certain moment reprendre une vie normale. Pour reprendre l’expression vidée de son sens : « Il faut apprendre à vivre avec le virus ». Les prochaines semaines seront un gros test.

Le gouvernement décide de ne pas attendre que les cas redescendent un peu dans les hôpitaux. Il répond à une pression qui vient de partout. Je souhaite vivement que tout se passe pour le mieux.  

Imaginez devoir reculer à cause d’une nouvelle flambée dans les hôpitaux... une catastrophe !

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