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Englué dans les scandales, Brown attaque le Québec

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Photo Guillaume St-Pierre

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Le 24 janvier dernier, le maire de Brampton, Patrick Brown, a donné une entrevue à La Presse. Sa ville a lancé le bal des municipalités canadiennes qui financent désormais les opposants à la loi 21. 

On notera d’abord que l’intéressé s’est lancé dans cette croisade alors qu’il est empêtré dans les scandales depuis plusieurs mois. Entre autres, le premier magistrat de Brampton aurait visité chez elle une ancienne employée, trois jours après son renvoi, alors qu’elle venait d’accuser la municipalité de corruption. Cette rencontre a eu lieu alors que l’affaire faisait l'objet d'une investigation policière et après que la ville se fut tournée vers une firme externe pour faire une enquête administrative. Selon une source interne citée par le Toronto Star, cette affaire est «un merdier du haut vers le bas et accapare l’attention de la municipalité alors qu’il faut remédier à des problèmes graves, incluant la pandémie». De nombreuses critiques publiques ont aussi été formulées contre le maire. En de telles circonstances, quoi de mieux, pour faire diversion, que d’attaquer la laïcité ?

Celui qui évoque une «loi odieuse» prend la peine de préciser qu’il aime le Québec et sa culture. Pourtant, il compare la loi 21 à l’internement des Japonais durant la Deuxième Guerre mondiale. Ottawa avait alors expulsé des citoyens canadiens d’origine japonaise de leur maison sur la côte ouest, pour les mettre dans des camps d’internement à l’intérieur du pays, et ce, sans preuve d’espionnage pour le Japon. Quel rapport avec la loi 21?

Cette législation est aussi mise en parallèle avec les pensionnats autochtones. On connaît l’histoire. Ces établissements fédéraux devaient assimiler les autochtones pour leur propre bien, à la manière du projet de Lord Durham avec les Canadiens français. Plusieurs Amérindiens ont subi de mauvais traitements dans les pensionnats. Encore une fois, quel lien avec la Loi sur la laïcité de l’État?  

En fait, ces comparaisons démontrent que les tenants de la diversité sont prêts à tout pour s’attaquer à nos choix collectifs quand ils contredisent la religion politique du régime, c’est-à-dire le multiculturalisme canadien. Lors du procès de la loi 21, le juge Marc-André Blanchard, de même que l’avocat Azim Hussain, nommé juge par Trudeau depuis, ont utilisé eux aussi ces mêmes comparaisons (Japonais et pensionnats), sans compter qu’Hussain a même comparé la loi 21 au nazisme. 

Fort de ces attaques outrancières, Patrick Brown critique les maires des villes québécoises, lesquels manquent de bravoure en refusant de faire comme lui. Nos maires, qu’ils soient pour ou contre la loi 21, comprennent que cet enjeu relève de nos compétences. Ce n’est pas à la majorité canadienne-anglaise et à ses villes d’en décider à notre place. En ce sens, ils font preuve de loyauté envers leur nation, ce qui, bien sûr, est totalement inacceptable pour Brown. 

L’ancien chef du Parti conservateur ontarien se défend par ailleurs de nous accuser de racisme, un phénomène qui ne serait pas plus important chez nous qu’en d’autres endroits. C’est plutôt la loi 21 qui est raciste, laquelle, on le notera, est appuyée par une majorité chez nous. La seule conclusion possible des propos de monsieur Brown est qu’une majorité de Québécois versent dans le racisme, même s’il joue sur les mots pour cacher le fond de sa pensée. 

La laïcité se décline de plusieurs façons dans le monde. Chez les Anglo-Saxons, ce concept n’existe même pas dans la langue. Le principe de neutralité religieuse de l’État est minimaliste, comme en témoigne par exemple le fait que notre reine, Elizabeth II, est également cheffe de l’Église anglicane, une violation flagrante de la séparation des pouvoirs entre l’Église et l’État. En revanche, des pays démocratiques comme l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique et bien sûr la France ont une vision beaucoup plus exigeante de la laïcité. 

Du simple fait qu’elle se range dans ce deuxième camp, la minorité nationale québécoise se fait traîner dans la boue par le maire de Brampton. Voilà ce que ça veut dire, au Canada, être ouvert à la diversité. 

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