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Ukraine: une voie de sortie existe pour Poutine

Ukraine: une voie de sortie existe pour Poutine
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Emmanuel Macron a lancé la présidence française de l’Union européenne en déclarant qu’il fallait reprendre les pourparlers entre la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine pour trouver une solution au conflit du Donbass. C’est fait.

Paris accueille ce matin des conseillers politiques de haut niveau des quatre pays pour relancer le processus de paix. Lors du sommet de Minsk en 2015, ils s’étaient mis d’accord sur la tenue de pourparlers qui devaient mener à une autonomie internationalement garantie pour les séparatistes russophones au sein de l’Ukraine.

La mise en œuvre de l’accord Minsk n’a jamais été réalisée. C’est le moment ou jamais de le faire. Et ça pourrait donner à Poutine une voie de sortie de crise qui lui permettrait de sauver la face. Il pense que les Américains sont gravement divisés sur le plan intérieur et que leurs désaccords avec leurs alliés européens sont des faiblesses qu’il peut exploiter.

L’axe Paris-Berlin pour désamorcer la crise

La France et l’Allemagne parlent d’une seule et même voix sur l’Ukraine. Hier, Macron a rencontré le chancelier allemand Scholz avant — d’ici la fin de semaine — d’aller présenter son plan de désescalade à Poutine et au président ukrainien Zelensky. Le temps presse. Ça risque d’être l’ultime tentative pour résoudre pacifiquement le différend entre Kiev et Moscou. Macron a déclaré que l’Occident était uni pour une riposte en cas d’agression russe.

Le nouveau gouvernement de coalition allemand est quand même divisé au sujet de l’Ukraine. Le chef de la marine allemande a été « démissionné » après avoir dit publiquement que Poutine ne recherchait que le respect « qu’il mérite probablement » et que la Crimée ne reviendrait jamais à l’Ukraine. L’Allemagne et l’Europe ont un intérêt stratégique à réduire les tensions avec la Russie afin que le gazoduc Nord Stream 2 puisse être opérationnel le plus rapidement possible. Le gaz naturel russe pèse plus de 40 % dans les approvisionnements de l’Union européenne. 

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Et l’OTAN dans tout ça ? Macron ne croit guère à l’avenir du Pacte atlantique. En 2019, il a déclaré que l’OTAN était « en mort cérébrale ». Poutine est en train de la ressusciter.

En 1966, de Gaulle a retiré la France des structures militaires de l’OTAN « pour préserver l’indépendance de la France dans les affaires mondiales ». Le général voyait une Europe qui s’étendait « de l’Atlantique à l’Oural ». Mikhaïl Gorbatchev parlait encore, 20 ans plus tard, d’une « maison commune européenne ». On est bien loin de tout ça !

Les négos de la dernière chance

C’est le moment de tenter de réactualiser avec l’Allemagne une certaine vision « gaullienne » de l’Europe, longtemps exclue des négociations au sommet Est-Ouest. Et ce serait un bon moyen pour Macron, humilié dans l’affaire des sous-marins australiens, de marquer ses distances de l’administration Biden. Dans ce dossier, Berlin avait soutenu Paris contre les États-Unis et l’Australie. 

À la veille des présidentielles, une victoire diplomatique serait très favorable électoralement à Macron. En 2008, Nicolas Sarkozy, alors président de l’UE, a négocié un cessez-le-feu entre la Géorgie et la Russie.

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