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Canadien National: Jean Charest devra parler... en anglais!

Jean Charest sera dans un environnement où «c’est en anglais 99,9% du temps»

Siège social du CN à Montréal
Photos courtoisie et d'archives, Chantal Poirier Le siège social du CN, à Montréal. En médaillons, Tracy Robinson, une unilingue anglophone qui deviendra dans quelques semaines la PDG du CN, une entreprise assujettie à la Loi sur les langues officielles, et l’ex-premier ministre Jean Charest, récemment nommé au CA.

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Même si la nouvelle patronne du Canadien National s’est engagée à apprendre le français, c’est l’anglais qui continue de dominer au sein de la direction et au conseil d’administration de l’entreprise ferroviaire où vient tout juste d’être nommé Jean Charest. 

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Avec l’arrivée de Tracy Robinson, une PDG unilingue anglophone, ce sont neuf membres de la haute direction sur 12 qui ne maîtrisent pas totalement le français. 

La très grande majorité d’entre eux habitent toutefois à Montréal, où est situé le siège social, ou dans les environs. 

Au sein de la direction élargie, où on retrouve principalement des vice-présidents du CN, les francophones sont encore plus minoritaires, avec seulement trois dirigeants sur 22. 

Selon une source interne bien informée, c’est d’ailleurs l’anglais qui domine outrageusement à la tête du CN.  

« Je dirais que lors de mes échanges avec eux, c’est 99,9 % en anglais. C’est très rare que ça se fait en français. Mais pour les employés, les communications sont bilingues », a-t-elle souligné. 

Au conseil d’administration, la situation est semblable. 

L’ancien premier ministre Jean Charest sera d’ailleurs le seul francophone à siéger lors du départ de Jean-Jacques Ruest, actuel patron du CN.  

Contacté par Le Journal, M. Charest n’a pas souhaité répondre à nos questions. 

Preuve inusitée de l’omniprésence de l’anglais à la tête du CN, c’est la firme de relations publiques Brunswick Group qui a tout d’abord contacté en anglais Le Journal au sujet de la nomination de Mme Robinson.  

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio : 

Respect de la loi

Le CN n’a pas souhaité aborder la question de l’anglais au sein de sa direction, mais affirme que l’entreprise respecte les lois canadiennes.  

« Le CN est établi à Montréal depuis plus de 100 ans et est fier d’appliquer la Loi sur les langues officielles, garantissant ainsi à ses employés la possibilité de travailler dans les deux langues officielles », a souligné le porte-parole Jonathan Abecassis.  

Depuis 2016, le CN a fait l’objet d’une dizaine de plaintes au Commissariat aux langues officielles concernant la langue de travail, dont six qui ont été jugées recevables. 

Malgré tout, le commissaire Raymond Théberge a voulu saluer le désir de Mme Robinson d’apprendre le français. 

« Je crois fermement que le bilinguisme est une compétence cruciale pour tout leader, particulièrement pour ceux des institutions assujetties à la Loi sur les langues officielles », a-t-il souligné dans une déclaration écrite au Journal

Une sensibilité au français ?

Pour Marie-Soleil Tremblay, professeure à l’École nationale d’administration publique, le CN a tout de même démontré une sensibilité. 

« Du côté du CN, on a choisi la personne qui avait le plus de qualités pour le poste. Malheureusement, la candidate choisie n’a pas un bilinguisme parfait, mais on a estimé qu’elle démontrait une grande ouverture à apprendre le français », a-t-elle souligné. 

Mais pour le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) qui souhaite que les entreprises considèrent la langue comme une responsabilité sociale, la nomination rate la cible. 

« Si elle est à l’étape d’apprendre le français, c’est qu’elle ne le maîtrise pas suffisamment pour gérer l’entreprise en français, pour faire des interventions publiques », a souligné Willie Gagnon, directeur du MÉDAC. 

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